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Июль
2019

À quel point le risque incendie menace-t-il la forêt de Tronçais ?

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En forêt, la première cause des incendies est d’origine humaine, souvent par négligence. En France, 5.000 départs de feu surviennent chaque année. En dix ans, près de 115.000 hectares ont été touchés par des incendies en France, soit dix fois la superficie de Paris.

Sur les 10.500 hectares de l’unité territoriale Tronçais sud-Berry, rien n’échappe à « l’œil forestier exercé » de Rémy Rouvière, technicien territorial à l’Office national des forêts (ONF). Ce spécailiste nous explique l'ampleur du risque incendie en forêt de Tronçais.

Une forêt en souffrance

« Il y a eu la neige d’automne à la fin du mois d’octobre. Il est resté des traces, des cicatrices », explique-t-il, en désignant une tête d’arbre cassée sur le bord du chemin. « Ensuite il y a eu la sécheresse depuis juin 2018. Elle a rendu compliqué la foliation et le débourrement des arbres. Enfin cette année, il y a eu le coup de gel au mois de mai qui a fini de fragiliser la végétation. »

Une situation qui n'est pas alarmante

Malgré les différentes vagues de canicule qui touchent le Département, depuis le début de l’été, la situation en forêt de Tronçais n’est à ce jour pas alarmante, selon le spécialiste. « Actuellement, le Cher et l’Indre sont à des niveaux plus élevés. Ici, il y a encore du feuillage, c’est vert, les végétaux ne s’enflamment pas comme ça. » D’ailleurs, le forestier qui exerce depuis une vingtaine d’années en forêt de Tronçais, n’a pas vécu de récents incendies. En revanche, il a constaté au cours des dernières années un dépérissement de l’état des peuplements.

Une veille de tous les instants

Chaque jour, un bulletin d’alerte est envoyé au responsable d’unité territoriale par Météo-France, comprenant l’indice de combustion disponible et l’indice de combustible léger. En cas de risques importants, des enquêtes de terrain sont lancées pour évaluer l’état de sécheresse.

« On accentue nos tournées dans les endroits critiques et les points chauds, surtout à partir de 13 heures : les lieux touristiques, les zones sensibles, les étangs »

Prévenir des comportements dangereux

« On fait surtout du préventif, le but n’est pas de verbaliser systématiquement », nuance tout de même Rémy Rouvière. En cas d’alerte maximale (lorsque les sols sont très secs, la matière végétale disponible trop importante et les vents supérieurs à 40 km/h), le forestier assermenté peut appliquer des mesures préfectorales radicales. « On peut faire interdire l’accès à la forêt ou plus simplement interdire l’accès à une zone particulièrement à risque comme celle des résineux. »

Verbaliser si nécessaire

Les forestiers font la chasse aux jets de mégots de cigarettes ou aux barbecues de pleine nature. Le risque est d’autant plus grand en période touristique.  « Le code forestier interdit de porter ou d’allumer du feu à l’intérieur et jusqu’à 200 mètres des bois, forêts, plantations, landes et maquis » rappelle Rémy Rouvière.

Le non-respect de cette interdiction peut conduire les agents de l’ONF à verbaliser les contrevenants avec une amende de 135 €. Mais en cas d'incendie, ils s'exposent à des sanctions d'une bien plus grande ampleur. En avril dernier, en Italie, deux étudiants ont été condamnés à payer, in solidum, 27 millions d’euros. Ils étaient suspectés d’être à l’origine d’un incendie qui a détruit 1.000 hectares de forêt au nord du lac de Côme en ayant allumé un barbecue le 30 décembre 2017.

Thomas Ribierre




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