Parents et enfants ont été conquis par la colonie apprenante d'Ahun (Creuse)
Les rires d’enfants ont fusé vendredi dernier sous le chapiteau installé au pied du « petit château » du domaine du lycée agricole d’Ahun. Plutôt bon signe pour la toute première colonie organisée dans le département par la Fédération des œuvres laïques (FOL) 23.
Expérience de (re)socialisationVenue récupérer sa fille de 9 ans, Élise, et son fils de 7 ans, Gabin, Chris, restauratrice à Méasnes, témoignait positivement : « C’est leur première colo. C’est bien parce que ce n’est pas loin. C’est vite fait de revenir les chercher si besoin. » Pour sa fille Élise, le confinement, et plus particulièrement « les devoirs à la maison », a été difficile. « C’était trois à quatre heures par jour et elle n’arrêtait pas de me dire “Maîtresse, elle explique mieux que toi” ». Alors cette expérience de (re) socialisation avec des enfants de son âge ne pouvait lui faire que du bien. Sachant que le lien n’est pas coupé complètement avec les parents « On pouvait passer des coups de fil le soir et voir les photos sur la page Facebook de la Fol 23. » Chris sourit : « Au moins on voit qu’ils sont toujours en vie. »
« Changer d'air »Même satisfaction du côté de Sonia, habitante de Sainte-Feyre et mère de quatre enfants, qui récupérait pour le coup sa fille de 9 ans, Syana.
« C’était sa première fois. Je l’ai fait pour lui faire changer d’air, voir autre chose, sans maman. »
« J’aime pas manger ici, grommelle de son côté Syana. Ici c’est toujours pique-nique. Et j’aime pas les jeux. Ah si, j’ai aimé l’épervier. » « Elle a son caractère, elle est difficile », rigole Sonia avant de louer les qualités de l’encadrement. « Je trouve qu’ils ont super bien travaillé avec elle. »
Léna, 6 ans, a « un peu pleuré le premier soir », concède sa mère, Émeline, habitante d’Anzème. « Vu le contexte du Covid, c’était important de recréer des liens. Et puis les ateliers comme les bulles ou les jeux de lumière, je trouve ça bien. » Puis, parlant de son autre fils de 8 ans, Evann, elle révèle : « Le grand aurait voulu tester les plus grandes colos, de 15 jours. » Avant d’ajouter : « Je pense qu’on retentera l’année prochaine. »
« Ce court séjour plaît aux familles »De tels retours positifs ne pouvaient que satisfaire Bruno Thomas, directeur de la Fol 23, et son président, Gérard Palleaux. « Ce court séjour plaît aux familles par la proximité. C’est rassurant. Et en plus il y a un temps de restitution à la fin du séjour qu’on ne peut pas faire quand on envoie les enfants à Super-Besse ou à Saint-Palais. » Par ces colos apprenantes, l’association, se veut une « institution enveloppante » selon les mots de son président. « Il y a l’aspect accompagnement au sens premier du mot, analysait volontiers Gérard Palleaux. On veut faire de la pédagogie en montrant, en faisant. C’est une démarche structurante pour l’enfant, pour sa psychologie. » Satisfait du partenariat noué avec l’Éducation nationale, il espère que cette expérience fera des petits.
« Il serait bien, que l’Éducation nationale redécouvre qu’il existe d’autres espaces d’éducation, d’apprentissage, que l’école vient ensuite renforcer. Et je dis ça tout en étant un pur produit de l’école. »
Bruno Thomas considérait pour sa part que cette expérience permet « à certains enfants, qui ont eu du mal pendant la période de confinement, de les remettre dans le sens de la marche. Car la rentrée n’est pas si loin. »
Daniel Lauret
