Le restaurant solidaire d'Issoire (Puy-de-Dôme) met l'antigaspi au menu
Dix millions de tonnes de nourriture gaspillées chaque année en France (*)… Face à cette réalité, la riposte s’organise. Chaque lundi, le Restaurant Solidaire d’Issoire vend en moyenne 23 repas fabriqués à partir d’invendus. Un nombre prometteur, pour un projet effectif depuis moins de 6 mois.
Un prix accessible et une philosophie antigaspiPlusieurs commerces du territoire font don de leurs invendus : grande surface, producteurs locaux, boulangerie, boucherie… Une fois récupérées, les denrées sont cuisinées chaque lundi matin au restaurant La Sanaga, rue Notre Dame des Filles, à Issoire. Fermé le lundi, Laure Barbat, sa gérante, le met à disposition. « Ça se passe bien, ils respectent toutes les normes et me laissent le local propre », explique-t-elle. Pour les bénévoles, la difficulté est de proposer un menu en quelques heures, après la récupération des invendus.
Ils sont une dizaine à s’activer en cuisine pour proposer un menu de qualité et accessible chaque semaine. Le prix minimum par repas est fixé à 3 €. Chacun ajoute, s’il le peut, en fonction de ses moyens.
« Le but, c’est de mélanger toutes les couches de la population, mais aussi tous les âges »
Pour poursuivre son ambition « antigaspi », les produits restants sont donnés au Secours Populaire, et ce qui ne peut être donné va au compost. Après les premiers repas tests en mars dernier, l’association propose des menus hebdomadaires. Ces quelques mois de recul permettent de tirer un premier bilan.
Près d’une tonne de déchets évitéeUne quarantaine de personnes étaient dans le public.Ce lundi, à La Ressourcerie d’Issoire, s’est tenue une soirée de restitution des conclusions de l’étude de faisabilité du restaurant solidaire, avant, bien sûr, un repas partagé. Réalisée dans le cadre d’un appel à projet du Valtom, l’étude a permis de dresser « un état des lieux du gaspillage alimentaire dans l’API », selon les mots de Gaëlle Couëtoux, de la Ressourcerie d’Issoire. Ces mois de travail ont permis d’approcher le fonctionnement d’autres restaurants solidaires de la région et d’appréhender le modèle économique à poursuivre. Ses conclusions sont encourageantes et incitent à pérenniser l’existence d’un tel lieu dans la ville centre de l’agglomération.
« Peu de restaurants solidaires cuisinent à partir de produits récupérés »
Devant un public d’une quarantaine de personnes, les bénévoles de l’association et des structures associées ont souligné le caractère économiquement viable du restaurant solidaire.
Une piste évoquée...Mais, pour assurer un service plus régulier, la structure cherche un local de 100 m² dans le centre-ville issoirien. Ce soir-là, une piste a été évoquée… Encore en pourparlers, on ne peut en dire plus pour le moment.
Les ambitions sont grandes. Après une pause au mois d’août, et avec l’espoir d’un nouveau local, l’équipe espère lever des fonds pour embaucher un cuisinier à l’automne. L’achat de matériel et d’un véhicule de collecte est également envisagé. Mais pour l’heure, c’est le temps des vacances pour le Restaurant Solidaire. Il sera fermé tout le mois d’août. Dernier service le 26 juillet.
Pratique. Inscriptions pour le repas à emporter par courriel à : restaurantsolidaireissoire@gmail.com ou au 07.81.72.42.02.
(*) Selon les chiffres de l’ADEME, en 2016.
Pierre Frasiak
