Un long périple depuis l’Inde
Mary Sinna a participé, en octobre dernier, à Montmarault, à la Fête des peuples, rencontre annuelle qui accueille les Bourbonnais venant de contrées lointaines. Indienne d’origine, Mary habite à Gannat depuis cet été, mais elle vit en France depuis plus de quarante ans.
Mary est née à Kumbakonam dans le sud de l’Inde, non loin de Chennai, ville plus connue en France sous le nom de Madras.
Elle se souvient avec nostalgie de son enfance entourée de ses quatre frères.
Joseph, un beau-père précurseur« Mes parents étaient catholiques. Mon père, Selvaraj, était garagiste. À 16 ans, je suis entrée là-bas dans un lycée anglais jusqu’au bac. Et à 18 ans, en 1978, j’ai été mariée. C’était un mariage arrangé entre parents. »
Alphonse, son futur mari, travaillait à la SNCF. D’origine indienne, son père Joseph l’avait fait venir à Clermont en 1972. Joseph a été le premier à s’installer en France. Né en 1925 à Kumbakonam, il épouse en 1947 Pouchepacandy, française car habitant à Karikal, qui n’est autre que l’ancien comptoir français de Pondichéry. Il est venu par la suite travailler à Clermont-Ferrand dans une fabrique de trains. En 1972, il fait donc venir son fils Alphonse et lui conseille de rentrer à la SNCF. Et en 1978, il fait venir Mary, avec qui il vient de fiancer Alphonse.
« Nous avons habité dix ans à la ZUP de Clermont », reprend Mary. « J’ai appris le français au centre social. Nous avons eu trois garçons : Bruno, Abel et Richard. En 1988, nous sommes allés habiter à Gerzat où nous avions fait construire une maison. En 1993, j’ai cherché à travailler par intermittence. Mon mari a pris sa retraite en 2005, mais il est décédé neuf ans après. » « J’ai quitté ma maison de Gerzat cet été pour aller habiter à Gannat et me rapprocher de Bruno. » Bruno, son fils aîné, marié, travaille à la SNCF et a deux fils. Le second fils de Mary, Abel, est un peu le globe-trotter de la famille : il a travaillé à Barcelone, Londres et depuis peu à Berlin où il est commercial ; marié à une Polonaise, il a deux fils. Enfin, Richard, le cadet de Mary, travaille dans la logistique à Issoire et a deux filles.
Six petits-enfantsMary ne semble pas regretter son mariage arrangé. « J’ai été bien heureuse avec mon mari. On voyageait beaucoup. C’est bien de laisser les parents choisir : ils regardent ce qui convient le mieux et choisissent un époux de bonne famille », estime-t-elle. « Mais nous avons laissé les enfants choisir eux-mêmes ! » Maintenant bien française, Mary ne renie pas pour autant ses origines. « Presque tous les ans, je retourne passer quelques semaines en Inde pour revoir le reste de la famille. »
