Une consultation publique lancée autour de l'avenir des anciennes prisons de Riom (Puy-de-Dôme)
Tout un symbole. La Ville présentait lundi en fin d’après-midi au cinéma « Arcadia » ses projets concernant les deux friches carcérales de l’ancien centre de détention de Riom et de l’ancienne maison d’arrêt, inoccupés depuis 2016. Un 20 juin, comme un écho à ce 20 juin 1944 où l’ancien ministre Jean Zay, incarcéré au quartier spécial de la maison d’arrêt de Riom, était extrait par la milice avant d’être assassiné au lieu-dit « Les Malavaux », dans la faille du Puits du diable, à Molles, dans l’Allier.
En discussion avec les services de l’ÉtatUne présentation qui prenait la forme d’un reportage, « Regards sur Riom », réalisé par les étudiants de l’EFCAM (École française de cinéma, audiovisuel et musique) dans le cadre de leur sujet d’examen, alternant entre reportages et interviews en plateau avec le maire, Pierre Pécoul, Jacques Porte, directeur du Pôle architecture et patrimoines de la DRAC AuRA et Fabien Dugour, chargé de mission Cœur de ville et grands projets.
Avant de parler de la reconversion des deux ensembles, Pierre Pécoul a rappelé le statut actuel des deux bâtiments.
Nous sommes actuellement en discussion avec les services de l’État en vue d’une négociation. Dans les jours qui viennent, nous devrions avoir une vision claire du montant demandé pour acheter ces deux friches
Des projets privés pour l'ancien centre de détentionQuant à la reconversion, concernant le centre de détention, l’initiative serait laissée au privé. Pour ce faire, des cahiers des charges sont en cours de rédaction, prélude au lancement d’un appel à projets en direction d’opérateurs. La commune leur revendra le terrain afin qu’ils puissent réaliser leurs projets. « Ils sont nombreux à vouloir venir à Riom », assurait le maire.Quant aux activités créées sur cet espace d’un peu plus de 10.000 m², elles pourraient prendre la forme d’un hôtel, d’un restaurant, de locaux d’enseignement supérieur « pour des formations qui n’existent pas sur le territoire et pour lesquelles la profession est demandeuse, dans la robotique, l’information », a explicité Pierre Pecoul. Des échanges vont être menés dans ce sens avec le président de l’Université Clermont Auvergne, « mais ce n’est pas nous qui avons tous les pouvoirs de décision ».
L'appel à projets en 2023, la réalisation d'ici 2026Est aussi envisagée sur place la création de logements et de stationnements, avec des espaces végétalisés. La Ville souhaite lancer l’appel à projets pour 2023 pour une réalisation effectuée d’ici 2026. « C’est extrêmement vertueux en matière de développement durable de réutiliser un bâtiment existant. L’impact carbone a déjà été soldé, a estimé Jacques Porte.
On est en hypercentre-ville, on participe pleinement par la réhabilitation et la restauration partielle des bâtiments à redynamiser un centre-ville
De la restauration, tout en tenant compte de l’existant, particulièrement des éléments architecturaux, notamment pour le centre de détention avec son ancien cloître et la chapelle des Cordeliers du XIIIe siècle, le bâtiment de l’administration, du XIXe ou pour la maison d’arrêt, avec un bâtiment du XIXe siècle. « Il faut voir le beau là où il n’est pas ou n’est pas visible. Il faut voir ce qui fait sens, ce qui peut-être transformé, ce qui peut-être bougé », a souligné Régis Delubac, architecte urbaniste de l’État, architecte des Bâtiments de France (ABF), chef de service de l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine du Puy-de-Dôme.
Déménagement des services administratifsPour l’ancienne maison d’arrêt de Riom et ses 6.000 m² de surface, l’initiative serait publique, et portée par la Ville avec l’Action Cœur de Ville, pour y implanter ses services administratifs.Cette relocalisation libérerait de l’emprise foncière dans le quartier de la gare à la mairie annexe et dans l’actuel hôtel de Ville. Un parcours mémoriel sur les fonctions historiques d’emprisonnement pourrait aussi être créé. Ce point a justement été évoqué au moment de l’échange avec le public. L’Association des amis des Jean Zay souhaite « la création d’un centre d’études ».
D’autres participants proposaient aussi la tenue d’un colloque scientifique qui permettrait « d’affirmer ce que nous voudrions être du mémoriel dedans ». Enfin, l’ancienne maison d’arrêt pourrait aussi recevoir d’autres activités économiques (commerces, services). Un bureau d’études est en cours de recrutement pour réaliser une étude du site.
Un poumon vert en centre-villeOutre les bâtiments, les espaces publics pourraient aussi être retraités, en lien avec les Jardins de la culture voisins, aussi bien place des Martyrs que Pré Madame. Sur ce dernier espace, l’idée serait de « redonner un poumon vert dans le centre-ville », a esquissé Pierre Pécoul. Et pour pallier la disparition des 350 places de stationnement, un « parking de dissuasion » de type silo serait implanté ailleurs, avec par exemple la création de navettes électriques pour rejoindre le centre-ville.
Une consultation publique lancéeAprès la projection du film de l’EFCAM, un échange s’est instauré entre le public et les intervenants dont le sous-préfet de Riom, Olivier Maurel. Ce dernier a d’ailleurs rappelé toute sa vigilance par rapport aux projets « afin que cela rentre en cohérence avec l’Action Cœur de ville. Il sera aussi de mon devoir de veiller avec les services des Finances Publiques à ce que cette opération ne vienne pas flinguer le budget et les comptes de la collectivité ». Si le représentant de l’État appelait de ses vœux la création de stationnements et d’espaces végétalisés, le public souhaitait voir s’y développer une maison médicale, un pôle de formation ou pour les métiers d’art. La vidéo « Regards sur Riom » est disponible sur la chaîne YouTube de la ville de Riom. De même, une consultation publique est lancée via un formulaire accessible via un QR code et sur le site web de la ville de Riom, afin de recueillir avis et idées sur les projets.
François Jaulhac francois.jaulhac@centrefrance.com
