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Октябрь
2022

Les maçons du Roi Soleil à l’ouvrage

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Cette immense entreprise nécessita une main-d’œuvre à son échelle. Il y aurait eu à certains moments 36.000 hommes sur le chantier : appareilleurs, piqueurs, tailleurs de pierre, maçons, limousinants, charpentiers, porteurs et éteigneurs de chaux, manœuvres, goujats, bardeurs, scieurs, charpentiers. On avait recruté les meilleurs ouvriers du bâtiment du royaume. Nombre d’entre eux venaient du diocèse de Limoges. Les maçons creusois avaient fait leur preuve en 1627-1628 construisant pour le cardinal de Richelieu la digue fermant l’accès au port de La Rochelle.

Pour son étude sur « Les maçons Limousins sur les chantiers de Louis XIV » publiée dans Croyances, pouvoirs et société des Limousins aux Français (Éditions Les Monédières – 1988), Marcel Delafosse s’est plongé dans les archives versaillaises. Il a déterminé que les ouvriers creusois venaient de paroisses comprises entre La Souterraine, Saint-Vaury, Fresselines, Dun-le-Palestel, Naillat et Guéret, Pontarion, Aubusson, Felletin, ainsi que Pionnat et Saint-Pardoux-les-Cards.

L’auteur indique qu’ils étaient employés à la journée, leur salaire allant de 15 sols (manœuvres), 18 et 19 sols (bardeurs), 22 et 23 sols (limousinants), 30 et 35 sols (tailleurs de pierre) jusqu’à 50 sols (appareilleurs). Il pense que ces salaires étaient plus élevés que la normale pour ces ouvriers travaillant sur les chantiers royaux qui devaient être nourris et logés. Il note qu’en 1684, deux actes indiquent des avances de 9.000 livres faites par Louvois pour la fourniture de pain, bouillon, vin et eau-de-vie à leur profit. Il relève que la même année les comptes donnent 34.000 livres pour le logement des ouvriers dont 5.000 livres pour les lits et que des marchés sont passés, dont un avec des Limousins, pour construire ces logements.

Un plan de 1704 montre de longs bâtiments (sans doute des dortoirs) mesurant 50 x 6 toises (97,45 x 11,69 mètres), avec deux boulangeries en annexes et des puits. Appelés sur le plan « hôtel de Limoges » ils devaient être situés non loin du château, dans une rue nommée aujourd’hui « rue de Limoges ». Le dîner (déjeuner) pris entre 9 et 10 heures et le goûter, en 14 et 15 heures, coupaient les longues journées de travail. Ces repas pouvaient être pris hors du chantier puisqu’en mars 1688 un arrêté interdit aux cabaretiers de les servir en dehors de ces heures.

Les difficiles conditions de travail causent de nombreux accidents, parfois mortels, comme en témoignent les actes de sépulture de Limousins : chute depuis une grue, ensevelissement lors de la démolition d’une tour, écrasement par une pierre, etc. comme le rappelle M. Delafosse, précisant que 74 victimes étaient âgées de vingt à trente-neuf ans, quinze la quarantaine, neuf la cinquantaine, quatre moins de 20 ans ou plus de 50 ans. Des épidémies, comme en mai 1684 et en octobre 1678, frappaient aussi les ouvriers. Il note qu’un chirurgien était rétribué pour soigner les blessés auxquels une indemnité était versée.

On trouve aussi à Versailles de petits entrepreneurs creusois faisant travailler des compatriotes à la construction de murs, d’aqueducs, de dépendances du château et de maisons de ville. M. Delafosse cite des maçons des environs de Dunet payés 3.000 livres pour 1.200 toises de clôture à faire en un peu plus de quatre mois.

Gilbert Santon, fils d’un appareilleur de Pionnat, associé à Léonard Aumasson, aménage le potager du roi, construit un aqueduc de 1.748 toises et pour Jules Hardouin-Mansart, premier architecte de Louis XIV, trois maisons pour 23.500 livres ; Léonard Forgeau, de Pionnat, maçon illettré mais « entrepreneur du roi », constructeur d’un aqueduc, qui épousera la fille d’un bourgeois parisien dotée de 1.400 livres. Travailler pour le Roi Soleil apporta à certains Creusois reconnaissance et aisance.




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