Pour les manifestants de Clermont-Ferrand, "la coupe est pleine"
Parmi ces manifestants (13.500 selon la police et 48.000 selon les syndicats), il y avait Aude, une jeune femme en reconversion professionnelle en médecine. Elle n’a jamais été syndiquée et affirme ne pas être descendue dans la rue depuis longtemps. Mais là, "cette réforme est injuste et le jusqu’au-boutisme antidémocratique ainsi que le mépris d’Emmanuel Macron et du gouvernement poussent à une exaspération grandissante et à défiler."
"On ira jusqu'au bout" : dans les rues de Clermont-Ferrand, la radicalité assumée d'une jeunesse déterminée
Présente aussi dans le cortège, Coralie, une infirmière qui a « enfin » pu venir manifester, car, les autres fois, elle avait été assignée.
J’ai fait un peu plus de forcing pour rallier les rangs des manifestants aujourd’hui. Je n’étais pas pour cette réforme, mais la méthode utilisée par le gouvernement pour l’imposer m’a encore plus motivée.
Un profond sentiment d'exaspérationPour Nicolas et Loris, deux jeunes actifs membres de l’Union syndicale Solidaires, drapeaux en mains, "le 49.3 a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et ça se voit clairement ce jeudi. Au-delà du nombre de manifestants qui semble vraiment important, la colère des gens et leur détermination sont palpables." Et c’est le cas de Marie, chantant avec conviction « ta réforme en bois, elle ne passera pas » : "c’est le 49.3 de trop et les violences policières de ces derniers jours m’indignent."
Ce jeudi 23 mars, ce sentiment d’exaspération, comme le passage du cortège, a semblé s’étirer sans fin dans les rues clermontoises. Il a été partagé par des participants de tous âges et de toutes professions qui ont défilé néanmoins dans le calme, sans débordement. Leurs pancartes et leurs chants étant leur exutoire pour exprimer leur très profond ras-le-bol.
Texte : Stéphanie Merzet Photos : Fred Marquet et Thierry Nicolas
