4.000 manifestants à Vichy pour cette neuvième journée de la colère
Après une matinée marquée par trois mouvements (un blocage au dépôt de Enedis et GRDF à Cusset, un autre en soutien aux éboueurs de l'incinérateur de Bayet et un troisième mouvement organisé par les lycéens du lycée Valéry Larbaud à Cusset), la manifestation de contestation contre la réforme des retraites à Vichy, dans le sillage du mouvement national, a réuni plus de 4 .000 manifestants d'après l'intersyndicale et 2.700 d'après la police. Sit-in sur le pont de Bellerive/ photo Francois Xavier Gutton
Retour sur la journée de contestation
Même si l'intersyndicale a fait monter la pression en début de manif, en appelant à des actions plus dures sur l'arrondissement et à des blocages par la grève dans les entreprises, la manifestation s'est poursuivie sans heurts dans l'agglomération, à part un stop, avec fumigène et bombes à eau aux couleurs du drapeau bleu, blanc rouge, devant la permanence du député de la troisième circonscription.Les jeunes lycéens très présents dans ce neuvième round de contestation photo Francois Xavier Gutton
Avant le départ de la manif, Antoine Jubin, porte-parole CGT et voix de l'intersyndicale, a rappelé les actions du matin : "Nous avons rencontré les éboueurs de Bayet ce matin, qui sont en grève aujourd'hui (le sictom, incinérateur de Bayet). Faites du bruit pour tous ces travailleurs de l'ombre, pour tous ceux qui ont des métiers pénibles et qui seront les premiers touchés par cette réforme injuste. Le dépôt Enedis et GRDF est en grève aujourd'hui aussi (ndlr à 60 % pour Enedis, 100 % à GRDF)."photo Francois Xavier GuttonL'intersyndicale a évoqué "l'exemple des cheminots, toujours en grève dure depuis le mois de février". Un appel à la générosité des manifestants a été lancé pour faire un don à la caisse de grève.
Bombes à eau aux couleurs du drapeausur la permanence du député Nicolas Ray
Devant la permanence de Nicolas Ray. photo Francois Xavier GuttonParti vers 15 heures de la place de la Poste, le cortège, dont pas mal de jeunes manifestants lycéens en tête de manif, s'est arrêté de nouveau devant la permanence, rue du Casino, du député de la troisième circonscription de l'Allier, Nicolas Ray, qui n'a pas voté la motion de censure Liot, et dont les opposants à la réforme dénoncent la tiédeur de la position.
Le 49.3 ça ne passe pas et le discours de Macron, je ne l'ai même pas écouté tellement j'en ai marre !
Des vaches à eau et à peinture "lavable" ont précisé les syndicalistes, ont été projetées sur la façade de la permanence et sur la porte vitrée. (NDLR : Dans notre édition du 17 mars, Nicolas Ray (LR) député de la circonscription de Vichy avait indiqué : « L’usage du 49.3 par le gouvernement montre son échec pour trouver une majorité à l’Assemblée nationale sur cette réforme (...) C’est le résultat d’une réforme mal préparée, mal chiffrée, mal négociée et mal expliquée (...) Les groupes LFI et RN vont déposer leur motion de censure. Malgré ma contestation de la méthode du gouvernement, je ne peux voter des textes de censure qui ne correspondront pas à mes idées. »
Mes parents ont créé une PME dans l'immobilier. On pense aussi à nos salariés... On est en démocratie, non ? Il faut revenir à la république du bon sens ! Dans une démocratie, on doit pouvoir discuter.
Cette neuvième manif s'est avérée très intergénérationnelle, les élèves de Valéry Larbaud ayant organisé leur premier rassemblement le matin même devant leur lycée. Le cortège s'est achevé sur la place de l'Hôtel de ville, comme à chaque mobilisation, appelant les manifestants à se retrouver plus tard dans la soirée à 19 h devant le Leclerc de Bellerive, ville où se tenait une séance du Conseil municipal qui devait être interrompue plus tard par les manifestants.
Demain vendredi 24 mars, un rassemblement départemental est prévu à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dès 7 heures du matin, au Kiosque des cours. Les forces syndicales et contestataires devraient se concentrer sur cet événement vendredi et aucun blocage routier n'est annoncé sur l'agglomération pour l'heure.
Anne Cazalès / Photos FX Gutton photo Francois Xavier Gutton
