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Июнь
2024

Cette entreprise de Haute-Loire poursuit le fil de son histoire depuis plus de 80 ans

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Alors qu’elle vient de participer (il y a deux mois) au salon professionnel Made in France première vision, la société Bonnefoy des Villettes prépare déjà le prochain rendez-vous parisien, Maison et objet, à la rentrée de septembre qui touche à la décoration et à l’art de vivre. Elle y sera présente pour la troisième fois. Ce sera alors l’occasion pour la PME yssingelaise de lancer sa nouvelle collection automne hiver. Depuis sa création, il y a plus de 80 ans, l’entreprise textile (un million d’euros de chiffre d’affaires aujourd’hui) n’a eu de cesse de développer sa propre marque, de s’affranchir en partie des grands groupes dont elle a longtemps dépendu.

Comme bien des entreprises du secteur textile, Bonnefoy créations a connu des années difficiles à partir de la crise de 2009, voyant lui échapper d’importants clients qui ont préféré du jour au lendemain se tourner vers la Chine afin d’obtenir des marges plus importantes pour leurs fabrications. « On s’est recentré sur une clientèle plus désireuse de fabrication française, de beaux produits », indique Chloé Bonnefoy qui a pris il y a quelques années la suite de son père, Marc Bonnefoy.

Le temps des vaches maigres

La dirigeante estime que la période 2015-2017 a sans doute été la plus compliquée. En réponse à la crise et pour ne pas perdre le fil de l’histoire, la marque « Maison Bonnefoy » a été lancée en 2015. Même en ramenant de nouveaux clients, en particulier dans le domaine du luxe, il apparaissait alors difficile de compenser la perte de volume d’activité. « On a commencé à fabriquer davantage de produits haut de gamme », indique la responsable. « On parle beaucoup de réindustrialisations en France mais rien n’est fait pour conserver l’existant », regrette Chloé Bonnefoy. Et puis, les dossiers d’aides sont souvent difficiles à monter et chronophages pour des dirigeants de PME multitâches.

La société des Villettes a moins de débouchés à l’export qu’avant 2009. Elle a notamment perdu des marchés en Espagne et au Japon. Le taux de change entre le Yen et l’euro n’est pas actuellement à l’avantage des entreprises françaises. Reste que Bonnefoy créations est présente malgré tout à l’étranger : Europe, Amérique du Nord… Le chiffre d’affaires à l’export peine à atteindre les 10 % (contre 30 % avant dans les meilleures années).

La disparition en 2019 de l’entreprise Guillaumond, spécialisée dans le tricotage et le tissage à Saint-Pal-de-Mons, a jeté un froid parmi ses confrères yssingelais. Cet arrêt brutal est intervenu juste avant la crise du Covid. Durant la pandémie, La société Bonnefoy a été réactive se lançant dans la fabrication de masques. Sur les années difficiles, Chloé Bonnefoy confie : « Si j’avais continué à travailler comme au temps de mon père, on ne serait peut-être plus là aujourd’hui ».

La société, qui emploie 13 personnes, est spécialisée dans le tricotage, fabriquant des accessoires en maille (pas de vêtements) pour la mode homme, femme et enfant : bonnets, bandeaux, cagoules, capuches, gants, mitaines, écharpes, cols, étoles, ponchos et jusqu’à des cravates et nœuds papillons… Une partie de l’activité concerne la maison : depuis 2020, Bonnefoy créations a développé notamment une collection de plaids, tricotés aux Villettes. Les métiers grande largeur dont elle est équipée le lui permettent. Et sans doute par la suite les coussins allant avec.

La PME achète le fil teint, en France et en Italie. À partir de ce fil coloré, tous les produits sont tricotés sur machines. Les finitions, comme les coutures sont faites à la main. Lavage et repassage se font également sur place. « Chaque filateur est spécialisé. Nous avons par exemple un fournisseur français qui travaille beaucoup sur les fils recyclés, d’autres comme les Italiens sont tournés vers le 100 % laine Mérinos extrafine ou dans le cachemire. Nous cherchons à développer des matières et des gammes très différentes, y compris de la fantaisie avec des fils brillants. On joue sur le motif, la forme, le point de maille », explique Chloé Bonnefoy.

Plus de 50 % du chiffre d’affaires avec sa marque

Sur le plan commercial, la société s’adresse à plusieurs types de clientèles. La première est professionnelle, les marques de luxe, les grands magasins. Les produits sont vendus sous marques clients. La marque « Maison Bonnefoy » quant à elle se retrouve en boutiques et en grands magasins. Elle est aussi proposée aux particuliers à travers des ventes directes à l’atelier, le site internet, via les marketplaces. Chloé Bonnefoy se dit confiante dans l’avenir de la marque « Maison Bonnefoy ». « Elle représente désormais plus de 50 % de notre chiffre d’affaires. Cette étape a été franchie en 2022, grâce à la communication. Notre site internet représente notre meilleure plaquette commerciale. On propose de plus en plus de produits. On s’adresse aussi indirectement, à une clientèle professionnelle », explique la dirigeante. Cette dernière, formée à la mode et au design pilote elle-même les nouvelles collections avec Floriane, la styliste de l’entreprise. Au sein de l’équipe, chacun apporte sa contribution quand il s’agit d’imaginer un nouveau point de maille ou un nouveau coloris. Marc Bonnefoy continue à s’intéresser à la marche de l’entreprise, n’hésitant pas à se plonger dans les archives pour proposer lui aussi des points de maille à monter sur les vieux métiers Rachel du grand-père dont certains des années quarante ont été précieusement conservés.

Ces machines sont bichonnées, les pièces défectueuses refaites sur mesure. La société travaille à partir d’autres métiers dits rectilignes. Peu nombreux sont les fabricants en France à mener de front ces deux techniques. Les métiers anciens et surtout le savoir-faire des employés de Bonnefoy créations valent à cette dernière de disposer du précieux label « Entreprise du patrimoine vivant ».

Trouver du personnel pour travailler sur les métiers à tricoter, en particulier les plus anciens, reste une préoccupation pour la direction. Chloé Bonnefoy a fait le choix d’anticiper : « Je préfère pour ma part embaucher une personne de 50 ans qui aura au moins envie de travailler chez nous jusqu’à sa retraite ». C’est le cas de Brigitte, 59 ans, qui a fait une première saison l’été au sein de l’entreprise avant de rejoindre l’équipe ses derniers mois pour travailler à temps plein. « J’ai eu beaucoup de chance, témoigne Brigitte. Les entreprises sont souvent frileuses à recruter des gens de mon âge voire même plus jeunes. Les mentalités ont besoin d’évoluer ».

Brigitte a acquis les rudiments de la maille avec les finitions. Il lui faut aujourd’hui se former à l’ourdissage (en vue de d’approvisionner des métiers Rachel) puis au nouage. Elle sera appelée à remplacer un départ à la retraite. La nouvelle recrue sait qu’il lui faut être pointue : « Pour une écharpe à rayures, on n’a pas le droit à l’erreur dans la répartition des couleurs sinon, il est trop tard ».

Quel avenir pour l’accessoire de mode ?

La société est engagée dans une démarche vertueuse : « On n’achète pas de fil en Chine ou en Turquie. On travaille de plus en plus de matières naturelles recyclées ou bio. Nos produits ont un bon impact carbone. Dans notre clientèle, on a d’ailleurs des marques éthiques » assure la dirigeante qui ne s’en cache pas : une partie du parc de matériel, parmi les métiers rectilignes électroniques devra bien un jour ou l’autre être remplacée. « Si la trésorerie le permet, en fonction des niveaux de prêt actuels, et des marchés » ajoute, prudente, Chloé Bonnefoy.

Difficile en cette période de l’année de se projeter, la fabrication étant très saisonnière : le gros des commandes se bouscule entre septembre et décembre. « L’année risque d’être compliquée craint la responsable. Des confrères dans la chaussette s’attendent entre moins 20 et moins 30 % de chiffres d’affaires. L’hiver 2023 n’a pas été très froid, et des clients disposent de stocks ».

Philippe Suc

La troisième génération de tricoteurs aux Villettes

Marc Bonnefoy, bien connu dans le monde du textile, a confié les rênes à sa fille, Chloé.Trois générations de tricoteurs se sont succédé à la tête de la société Bonnefoy des Villettes. Chloé Bonnefoy poursuit le fil de l’histoire qui a commencé avec son grand-père dans les années quarante.

Une plaque apposée sur le montant du métier à tricoter témoigne de l’ancienneté de celui-ci. La machine a été fabriquée à Villeurbanne dans la banlieue lyonnaise qui concentrait une grande partie de l’industrie textile en France. Le métier Rachel n’est pourtant pas une pièce de musée. Il n’est du reste pas unique dans l’atelier et continue depuis des décennies à remplir ses fonctions.

L’unité villettoise a été créée en 1940 par les grands-parents de Chloé, Jean-Marie et Mélanie Bonnefoy. Jean-Marie Bonnefoy qui travaillait à Lyon dans le textile avait acquis deux premières machines qu’il a entreposées un temps dans la maison familiale des Villettes. Puis il a fait construire un bâtiment, un peu à l’écart du bourg. En pleine période de l’exode rural, les campagnes se cherchaient un nouveau souffle. Jean-Marie Bonnefoy s’est engagé dans la vie locale en devenant maire des Villettes pendant la guerre.

La gaine et le porte-jarretelles étaient les deux spécialités de la petite entreprise. Une partie de la production était encore sous-traitée à Lyon. On ne compte pas les déplacements dans la cité des Gaules que le Villettois a dû effectuer avec sa fidèle Juva 4 ! Marc Bonnefoy a rejoint son père en 1972. Sous son impulsion, l’étole et le foulard connurent leurs débuts.

Chloé Bonnefoy raconte : « Mon père a développé une collection pour le sport d’hiver dans les années 1970, avant l’ouverture des frontières chinoises. Il s’est recentré sur la mode ville. Très tôt, mon père s’est orienté vers l’export, au Japon, dans les pays scandinaves. L’entreprise a employé jusqu’à 20 personnes ». Quand Marc Bonnefoy a repris l’entreprise, ils étaient encore une douzaine dans le secteur de Monistrol-sur-Loire à fabriquer du foulard ! Chloé Bonnefoy a rejoint à son tour son père en 2011 apportant sa touche à la PME familiale, développant une marque propre.




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