Cet ancien militaire qui marche pour les blessés de guerre a fait étape en Creuse
Depuis le 1er mai de cette année, Jean-Louis Martinez, 69 ans, s’est lancé dans un tour de France. Il marche et d’ici son arrivée dans sa région marseillaise, fin octobre, début novembre, il aura parcouru 5.000 kilomètres.
Ancien sous-officier dans l’armée, il est allé de nombreuses fois sur des théâtres d’opérations extérieures : Kossovo, Afghanistan… En 2004, il était en Côte d’Ivoire, à Bouaké, où neuf de ses camarades sont morts et 43 autres ont été blessés lors d’un bombardement.
Marcher pour les blesser physiques et psychologiquesEn 2011, l’heure de la retraite a sonné pour lui. Il confie :
Il y avait des choses dans ma tête qui me gênaient. Je n’étais pas bien, j’ai appris par la suite que c’était un stress post-traumatique. À l’époque, on ne savait pas ce que c’était.
Il décide alors d’écrire un livre, Des mots pour des maux, pour sortir toutes ces mauvaises idées. Et ça fonctionne plutôt bien. « Pour moi, j’avais bouclé la boucle. Mais j’ai eu des remontées de blessés qui me disaient qu’ils n’arrivaient pas à parler de ça. J’ai donc essayé de faire un deuxième livre (Le silence de la mémoire) mais je n’ai pas pu le finir, car il me faisait replonger dans des endroits où je ne voulais pas aller. Je sentais néanmoins que les blessés avaient besoin de moi ».
Que faire ? Jean-Louis décide donc de parcourir la France en marchant. « Je me suis préparé mentalement et physiquement, et un jour, je suis parti ! Je marche pour les blessés et je porte ma cause avec deux priorités », explique-t-il.
Son premier objectif est de médiatiser son action. « J’essaie de faire comprendre qu’on dit qu’il y a des morts pour la France, mais on ne dit pas qu’il y a des blessés pour la France, que ce soit physiquement ou psychologiquement, précise Jean-Louis Martinez. Il y a énormément de choses qui sont faites pour eux, mais beaucoup sont impactés par ce stress post-traumatique. Ces hommes ont servi la France, ils ont des droits, notamment celui d’exister ».
L’ancien militaire a aussi pour but de recueillir de l’argent pour deux associations : Les Invaincus (dédiée aux blessés physiques et psychiques des armées) et Breizh Thin Red Line (soutenant les sapeurs-pompiers blessés), via une cagnotte Leetchi en ligne.
Reçu à la mairie de GuéretJean-Louis Martinez a été reçu à la mairie de Guéret, lundi 2 septembre. Avec son sac à dos de 19 kg, il arpente les routes. « Je suis autonome, mais depuis que je me suis lancé, je n’ai jamais dormi dehors, car il y a une solidarité qui s’opère et des familles sont toujours prêtes à m’accueillir. Souvent, des gens font un petit bout de chemin avec moi. Ce que je fais n’est pas un exploit sportif, si je ne fais que 5 kilomètres et que j’ai fait passer ma cause, ça me va ! ».
Malgré quelques douleurs, il ne se plaint pas. « J’ai des ampoules aux pieds, une tendinite au genou droit. Ce sont des bobos qui ne sont rien par rapport aux blessures des gens que je soutiens », assure-t-il.
Visiblement, marcher pour une cause ne touche pas les grandes marques de vêtements de sport puisqu’aucune n’aide Jean-Louis dans son périple. Mais il ne se lamente pas, ses priorités sont ailleurs. Et après ? Jean-Louis y pense déjà : «
J’écrirai peut-être un nouveau livre, mais ce qui est sûr, c’est que la marche ne me manquera pas. Et puis, je veux refaire la même chose en camping-car pour montrer à ma compagne où je suis passé.
Jean-Louis Martinez est reparti de Guéret, en prenant la direction le sud, avec son sac à dos orné d’un nouveau badge, celui de la capitale de la Creuse, offert par madame la maire, Marie-Françoise Fournier.
