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Май
2025

Quand 57% des Français pensaient que la victoire de 1945 était "surtout due aux Soviétiques"

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En mai 1945, Jérôme Fourquet n’était pas né, mais l’Ifop existait déjà. Dans une France tout juste libérée de l’occupant, le célèbre institut de sondage posait une question simple aux citoyens : "Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne ?" A l’époque, les deux principales réponses arrivaient dans l’ordre suivant : 57 % des sondés estimaient que la défaite des nazis était avant tout le fruit de l’effort soviétique ; 20 % en créditaient surtout les Etats-Unis.

Soixante-dix ans plus tard, en mai 2015, la même question fut posée, par le même institut, aux citoyens français. Le résultat s’était totalement inversé : 54 % des Français attribuaient l’essentiel de la victoire aux Américains, et 23 % aux Soviétiques. Que s’était-il passé entre-temps ? Hollywood. La fossette de Robert Mitchum, inoubliable dans Le jour le plus long ; Gregory Peck et Antony Queen dans Les Canons de Navarone ; les sifflets entêtants du Pont de la rivière Kwai ; Steven Spielberg et son déchirant Soldat Ryan

Aucun exemple n’illustre mieux, peut-être, le potentiel puissant du "soft power", cette notion théorisée dans les années 1980 par le chercheur américain Joseph S. Nye, lequel vient de s’éteindre ce mardi 6 mai. Professeur à Harvard et figure de l’administration Clinton, l’intellectuel définissait son concept comme "la capacité d’influencer les autres par l’attraction et la persuasion plutôt que par la coercition et l’achat".

Les démocraties libérales en ont fait une arme de séduction et de stabilité, persuadées qu’en faisant ainsi leur "pub", elles convertiraient progressivement le monde au libéralisme politique. "Aucun gouvernement autoritaire ne propose une société qui, à long terme, soit plus attrayante que les démocraties libérales", martelait encore dans nos colonnes, en mars 2023, le philosophe Francis Fukuyama, connu pour avoir pronostiqué "La Fin de l’Histoire", dans un célèbre essai de 1992.

En vérité, la page qui s’ouvre n’a rien de rassurant, et les démocraties libérales feraient bien de se méfier. Puisque nous avons commencé par les Etats-Unis, finissons avec l’un de leurs plus grands auteurs, Tennessee Williams, qui avait coutume de résumer son chef-d’œuvre Un tramway nommé désir par une phrase détournant un célèbre passage de la Bible : "Les grands singes hériteront de la Terre"*, ciselait-il, pour condenser sa crainte tragique que la brutalité, l’instinct primaire et la force physique ne prennent toujours le pas sur la sensibilité et la culture.

L’Europe a sans nul doute "quelque chose de Tennessee", en ce moment. Elle doit se réveiller, et se réarmer (militairement, politiquement, culturellement) si elle ne veut pas finir comme Blanche, l’héroïne d’Un Tramway nommé désir. Brisée par la brutalité.

*Le passage de la Bible, lui, proclame : "Heureux sont les doux, car ils hériteront de la Terre."




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