???? EN DIRECT. Gaza : la Ligue arabe appelle à financer la reconstruction de Gaza, pour contrer la proposition de Donald Trump
Alors que la tournée de Donald Trump au Moyen-Orient s'est achevée hier sans avancée concrète sur le dossier gazaoui, l'armée israélienne a annoncé ce matin le lancement de l'opération "Chariots de Gideon".
Des "frappes d'envergures" sont menées sur l'enclave palestinienne, marquant le début du plan de Benyamin Netanyahu pour la "conquête" de Gaza, où les bombardements israéliens ont tué dix personnes dans la matinée selon les secours, après plusieurs jours de pilonnage meurtrier du territoire dévasté et affamé.
De Bagdad, où il participe à un sommet de la Ligue arabe, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'est dit "alarmé par les informations sur les plans d'Israël d'étendre ses opérations terrestres", demandant de nouveau un "cessez-le-feu permanent" et la fin du blocage israélien de l'aide humanitaire, en vigueur depuis le 2 mars.
Le sommet arabe à Bagdad appelle aux financements pour reconstruire Gaza, comme alternative à la proposition de Trump
Le sommet arabe réuni samedi à Bagdad a appelé à financer un plan arabe de reconstruction de la Bande de Gaza, dévastée par la guerre menée par Israël contre le Hamas.
Dans son communiqué de clôture, le sommet arabe "exhorte les pays, les institutions financières internationales et régionales, à rapidement fournir le soutien financier nécessaire" à un plan arabe présenté pour la reconstruction de Gaza présenté comme une alternative à la proposition largement condamnée du président américain Donald Trump qui avait dit vouloir prendre le contrôle du territoire. Le sommet a également réclamé plus de pressions internationales pour "stopper l'effusion de sang" à Gaza.
Le Hamas annonce que de nouvelles négociations sont en cours à Doha "sans aucune condition préalable"
Un haut responsable du Hamas a déclaré samedi qu'un nouveau cycle de négociations indirectes avec Israël visant à mettre fin à la guerre à Gaza avait débuté à Doha "sans aucune condition préalable".
"Ce cycle de négociations a débuté sans aucune condition préalable de la part des deux parties, et les négociations sont ouvertes à la discussion de toutes les questions", a déclaré Taher al-Nounou. "Le Hamas présentera son point de vue sur toutes les questions, en particulier la fin de la guerre, le retrait (israélien, ndlr) et l'échange de prisonniers", a-t-il ajouté.
"Ca suffit" pour l'Italie
"Nous devons dire au gouvernement israélien: ça suffit", a lancé samedi le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani à propos des attaques d'Israël sur la bande Gaza. "Nous ne voulons plus voir souffrir la population palestinienne. Les attaques (à Gaza, NDLR), ça suffit, parvenons à un cessez-le feu, libérons les otages, mais laissons en paix un peuple qui est victime du Hamas", a affirmé lors d'un déplacement en Sicile le ministre, dont les propos ont été rapportés par son porte-parole.
L'Espagne et l'Egypte appellent à faire "pression sur Israël pour arrêter le massacre à Gaza"
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a appelé samedi à faire "pression sur Israël pour arrêter le massacre à Gaza", en précisant que l'Espagne allait présenter un projet de résolution à l'ONU pour que la Cour Internationale de Justice "se prononce sur le respect par Israël de ses obligations internationales sur l'accès à l'aide humanitaire à Gaza". Il faut "intensifier notre pression sur Israël pour arrêter le massacre à Gaza, notamment par les voies que nous offre le droit international", a déclaré le chef du gouvernement espagnol lors de son allocution durant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, en estimant que le "nombre inacceptable" de victimes dans le territoire palestinien violait le "principe d'humanité".
A son tour, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé samedi son homologue américain Donald Trump à "faire pression" pour obtenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, où Israël a annoncé intensifier son offensive. Dans son allocution à Bagdad lors d'un sommet de la Ligue arabe, M. Sissi a interpellé M. Trump en sa qualité de "dirigeant qui veut consolider la paix", l'appelant à "déployer tous les efforts nécessaires et à faire pression pour un cessez-le-feu dans la bande de Gaza". Cela permettrait "le lancement d'un processus politique" qui aurait M. Trump comme "médiateur et parrain", a-t-il encore souligné.
Pour Ali Khamenei, Trump "ment" lorsqu'il dit chercher la paix à Gaza
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré samedi que le président américain, Donald Trump, "ment" lorsqu'il dit qu'il a recours à la force pour établir la paix à Gaza. "Trump a affirmé vouloir utiliser la force pour parvenir à la paix, mais il a menti. Lui, les responsables et les gouvernements américains ont utilisé le pouvoir pour soutenir le massacre à Gaza", a-t-il indiqué dans un discours tenu à Téhéran.
Il a par ailleurs exhorté les Etats-Unis à quitter le Moyen-Orient, alors que des discussions indirectes sont en cours entre les deux pays sur le programme nucléaire iranien. "Avec la détermination des nations de la région (du Moyen-Orient), l'Amérique doit quitter la région et la quittera", a-t-il indiqué dans un discours tenu à Téhéran.
Le chef de l'ONU réclame depuis Bagdad un "cessez-le-feu permanent" à Gaza
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a réclamé samedi un "cessez-le-feu permanent" dans la bande de Gaza, quelques heures après l'annonce par Israël d'une intensification de son offensive dans le territoire palestinien.
"Il nous faut un cessez-le-feu permanent, maintenant", a dit M. Guterres lors de son allocution durant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad. "Je suis alarmé par les informations sur les plans d'Israël d'étendre ses opérations terrestres", a-t-il dit, réclamant "une entrée libre de l'aide humanitaire, pour mettre fin au blocus" dans la bande de Gaza. "Nous rejetons évidemment tout déplacement forcé à l'extérieur de Gaza", a-t-il martelé.
Liban : l'armée israélienne dit avoir tué un "commandant" du Hezbollah dans le sud
L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué un "commandant" du mouvement chiite Hezbollah dans le sud du Liban, dans sa quatrième frappe meurtrière cette semaine dans le pays voisin. Dans un communiqué, l'armée israélienne a annoncé avoir "frappé et éliminé, dans la région de Mazraat Jemjim au Liban, un commandant du Hezbollah (...) impliqué dans la reconstitution de l’infrastructure terroriste du Hezbollah" dans le secteur.
"La reconstruction d’une telle infrastructure terroriste, ainsi que les activités associées, constituent une violation flagrante des accords conclus entre Israël et le Liban", a ajouté l'armée.
Le ministère libanais de la Santé a annoncé un mort dans un tir de drone sur un véhicule dans la même région, située près de Tyr, selon l'agence nationale d'information Ani.
En dépit du cessez-le-feu conclu il y a plus de cinq mois après deux mois de guerre ouverte avec le Hezbollah pro-iranien, Israël continue de mener régulièrement des frappes au Liban, et a maintenu cinq positions dans le sud du territoire libanais.
L'Irak promet 40 millions de dollars pour la reconstruction à Gaza et au Liban
L'Irak, qui accueille un sommet de la Ligue arabe, a promis samedi d'allouer 40 millions de dollars à la reconstruction dans la bande de Gaza et au Liban, ravagés par des mois de conflit opposant Israël au Hamas palestinien et au Hezbollah libanais.
Evoquant une initiative visant à créer un "Fond arabe pour soutenir (...) la reconstruction après les crises, les conflits et les guerres", le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani a promis une contribution de son pays de 20 millions de dollars "pour reconstruire Gaza" et une somme similaire "pour reconstruire le Liban".
La Défense civile annonce 10 morts dans des frappes israéliennes
La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé samedi que 10 personnes avaient été tuées dans des bombardements israéliens, après que l'armée a annoncé intensifier son offensive visant à vaincre le mouvement islamiste palestinien Hamas.
Ces nouveaux raids surviennent alors que la situation humanitaire dans le territoire assiégé continue de se détériorer, l'un de ses derniers hôpitaux encore fonctionnels avertissant qu'il était "submergé" par le nombre de victimes. A l'international, Israël est appelé à laisser entrer l'aide humanitaire à Gaza, qu'il bloque depuis le 2 mars.
L'armée israélienne annonce avoir lancé l'intensification de son offensive
L'armée israélienne a annoncé samedi avoir mené des "frappes d'envergure" sur Gaza marquant le lancement de l'intensification de son offensive sur le territoire palestinien dévasté par la guerre, où plusieurs jours d'intenses bombardements ont fait des centaines de morts.
"Au cours de la journée écoulée, l'armée israélienne a lancé des frappes d'envergure et transféré des forces pour prendre le contrôle de zones de la bande de Gaza. Cela s'inscrit dans le cadre des étapes initiales de l'opération "Chariots de Gideon" et de l'expansion de l'offensive dans la bande de Gaza, dans le but d'atteindre tous les objectifs de la guerre, y compris la libération des otages et la défaite du Hamas", a déclaré l'armée sur les réseaux sociaux.
Après une trêve de deux mois, l'armée israélienne a repris son offensive le 18 mars à Gaza et s'est emparée de larges pans du territoire. Le gouvernement Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la "conquête" de Gaza, qu'Israël avait occupée de 1967 à 2005, nécessitant le déplacement interne de "la plupart" de ses 2,4 millions d'habitants vers l'extrême sud du territoire. L'agence de défense civile de Gaza a affirmé que les frappes israéliennes avaient tué au moins 100 personnes vendredi, après avoir fait état de plus de 80 morts mercredi et plus de 100 morts jeudi.
Israël, grand absent du "Trump tour"
La tournée en grande pompe dans le Golfe de Donald Trump a pris fin vendredi, après avoir été marquée par des promesses d’investissements mirobolantes, mais aussi une ouverture historique vis-à-vis de la Syrie et un optimisme sur le dossier nucléaire. Reste le grand absent de cette tournée : Israël.
Non seulement Donald Trump ne s'y est pas rendu mais il ne l'aura guère évoqué dans ce qu'il perçoit comme un "Moyen-Orient moderne naissant", fait rarissime pour les présidents américains habitués à réaffirmer le soutien indéfectible à leur plus proche allié au Proche-Orient. Il est apparu en outre en porte-à-faux avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur la Syrie, le cessez-le-feu avec les houthis au Yémen et l'Iran.
Pas un mot, en revanche, sur un Etat palestinien, réclamé justement par les pays arabes avant toute normalisation. Juste cette phrase laconique en quittant Abou Dhabi vendredi, que la situation à Gaza, où les habitants sont "affamés", serait "réglée", après 19 mois de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.
