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Май
2025

Pourquoi le "Dôme d’or" de Donald Trump risque d’être une "Golden passoire"

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La scène rappelle les sketchs de l’émission parodique Saturday Night Live. Devant les caméras, ce 20 mai dans le célèbre bureau Ovale de la Maison-Blanche, Donald Trump, assis, annonce que son administration allait mettre en place un "Dôme d’or" au-dessus des Etats-Unis. Cette barrière protectrice doit permettre "d’intercepter des missiles même s’ils sont lancés de l’autre côté de la Terre et même s’ils sont lancés depuis l’espace", explique le président. À ses côtés, son secrétaire à la Défense donne dans la flatterie et l’emphase. "Nous pouvons l’ajouter à la longue liste croissante des promesses annoncées et tenues", s’est réjoui Pete Hegseth. Désignant une planche sur chevalet représentant les Etats américains en nuances de doré, il vante un "game changer".

La promesse de rendre "opérationnel" un tel système de défense avant la fin du mandat de Donald Trump, c’est-à-dire en trois ans, semble pourtant difficilement atteignable. Le président n’a pas précisé l’architecture exacte de son "Golden Dome", si ce n’est qu’elle comprendrait des intercepteurs basés dans l’espace. C’était l’ambition de l’Initiative de défense stratégique lancée en 1983 pour laisser l’URSS au tapis dans la course nucléaire, restée lettre morte, car infaisable à l’époque. "Le président Reagan avait présenté sa vision il y a 40 ans, la technologie n’était pas là, mais maintenant si, et vous la poursuivez", déclare avec enthousiasme Pete Hegseth à l’homme qui l’a nommé à la tête du Pentagone.

A quoi pourrait correspondre ce "Dôme d’or" ? Son appellation fait écho au "Dôme de fer" des Israéliens. Ce système comporte des missiles anti-missiles capables de parer des roquettes jusqu’à 70 kilomètres de portée. La défense d’Israël est multicouche. Il est associé aux batteries David’s Sling ("fronde de David") pour les menaces à moyenne-portée et aux Arrow pour intercepter des missiles balistiques. Donald Trump ambitionne que les Etats-Unis puissent disposer d’une telle protection. Elle serait forcément différente : les Etats-Unis sont 400 fois plus grands qu’Israël et n’ont pas à leur frontière de groupes armés capables de tirer des milliers de roquettes comme le Hezbollah libanais.

Sa menace la plus directe du moment, la Corée du Nord et ses missiles nucléaires, se trouve à des milliers de kilomètres. Donald Trump semble vouloir ajouter un système supplémentaire à la panoplie en place. Il y a déjà le système Aegis, de 5 000 kilomètres de portée, pour tenter d’intercepter un missile en phase ascendante ou en phase exoatmosphérique. Le THAAD pour la haute atmosphère et le Patriot pour de plus courtes portées. Enfin, il y a les GBI (Ground Based Interceptor, "intercepteur basé à terre"), ultime assurance pour détruire à mi-course de leur trajectoire les missiles intercontinentaux. Une soixantaine ont été déployés dans des Etats américains. Une densification de tous ces systèmes, en plus de leur meilleure association, est possible.

"Le coût s’annonce colossal"

La nouveauté certaine avec le "Golden Dome", confié à un général de la "Space Force", consisterait à positionner des intercepteurs dans l’espace, comme le rêvait Ronald Reagan. "Une fois un tir détecté, ceux-ci pourraient être utilisés contre le vecteur menaçant dans sa phase de montée, explique Héloïse Fayet, chercheuse à l’Ifri et spécialiste de la dissuasion. Si cela échoue, les intercepteurs (GBI) pourraient prendre le relais." Le coût de la mise en service annoncé par Donald Trump, 175 milliards de dollars, peut paraître faramineux. Il pourrait être loin du compte. Le Congressional Budget Office, organe non partisan rattaché au Congrès, estime qu’il pourrait s’élever à 542 milliards de dollars, sur une vingtaine d’années et non trois, comme l’a annoncé le président. "Le coût s’annonce colossal, alors que les Etats-Unis sont déjà engagés dans une modernisation intégrale de leur dissuasion pour plus de 1000 milliards de dollars", rappelle Héloïse Fayet.

Par ailleurs, si le "dôme de fer" des Israéliens possède un taux de réussite au-dessus de 90 %, il n’est pas acquis que ce sera le cas du "Golden Dome" de Trump. Le GBI est très loin de ce taux de réussite pour ses tirs, à tel point qu’il a été évalué qu’il fallait tirer plusieurs GBI pour se donner une bonne possibilité d’interception. Or, il n’y en a qu’une soixantaine, à 75 millions d’euros pièce. "Si la Corée du Nord tire plusieurs missiles intercontinentaux nucléaires en même temps, il sera peut-être impossible de les arrêter. C’est le scénario développé au début du livre par la journaliste américaine Annie Jacobsen, "Guerre Nucléaire, un scénario", chez Denoël.

Les experts craignent enfin qu’un tel dôme remette en cause les équilibres mondiaux en matière de dissuasion. "Si l’histoire de l’ère nucléaire nous enseigne une chose, c’est que les adversaires chercheront des moyens de contourner ou de contrer les nouvelles capacités déployées par les Etats-Unis, précisent dans une tribune les chercheurs Ankit Panda et Celia McDowall, de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un centre de réflexion américain. Avec la Russie et la Chine, une course aux armements passera probablement par l’acquisition de missiles plus performants." S’ils sont en mesure de contourner les nouvelles défenses antimissiles américaines, les Etats-Unis auront dépensés des centaines de milliards d’euros pour rien.




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