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Май
2025

Télétravail : et si le vrai problème, c’était le mauvais management ? Par Olivier Sibony

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Télétravail, visioconférence, jeunes diplômés, emploi des séniors, Flex office, encadrement, etc. Rarement les managers ont eu à affronter autant de vents nouveaux et parfois contraires. D’où parfois un sentiment de lassitude. La tâche, pourtant, reste passionnante pour faire avancer tout le monde dans le même sens et dans l’intérêt de l’entreprise. Alors que l’Express a décerné le 26 mai à Paris, les prix 2025 du Management, voici quelques éclairages et clefs pour s’y retrouver dans un monde du travail qui ne cesse d’évoluer.

En ces temps troublés, on pourrait croire qu’il en faut beaucoup pour faire perdre son sang-froid à un président de banque. Il a pourtant suffi, en février dernier, qu’un salarié parle de télétravail à Jamie Dimon, le tout-puissant patron de JPMorgan, pour que celui-ci s’emporte. Dans une diatribe émaillée de jurons – et devenue virale –, il peste contre les bureaux vides, l’inattention des participants aux réunions par Zoom, et "les vendredis où personne ne répond". Et invite son interlocuteur à en tirer les conclusions : "Je me fiche de combien de personnes signeront votre p… de pétition [en faveur du télétravail] ! Nous sommes dans un pays libre. Vous pouvez partir !"

Travailler à distance améliore plutôt la productivité

Si Jamie Dimon s’est excusé sur la forme, il tient bon sur le fond. Il n’est pas seul : 134 des entreprises du S&P 500 (les plus grandes sociétés cotées en Bourse outre-Atlantique) ont annoncé des restrictions au télétravail, constatent Mark Shuai Ma et Yuye Ding, deux chercheurs de l’université de Pittsburgh. Comme le patron de JPMorgan, les dirigeants de ces entreprises insistent sur l’importance du face-à-face pour la créativité et l’innovation et sur la dilution de la culture d’entreprise qu’entraîne le télétravail.

Pourtant, selon la même étude publiée en 2024, la restriction du télétravail n’a pas d’impact détectable sur les résultats. Et même si toutes les tâches ne sont pas "télétravaillables", beaucoup d’économistes concluent, comme Nicholas Bloom, que, dans l’ensemble, travailler à distance améliore plutôt la productivité.

Les salariés, quant à eux, sont vent debout contre ce retour en arrière. Beaucoup se disent prêts à changer d’emploi pour préserver l’acquis du travail à domicile, quitte à accepter un salaire moindre. Auraient-ils trouvé le secret du bonheur ? Rien n’est moins sûr. Comme le résume une étude du Cepremap, ne plus aller au bureau réduit "le sentiment d’être utile, la concentration, la confiance en soi, le sentiment de joie, la capacité de prendre des décisions, et augmente le risque de dépression". En somme, les dirigeants exigent à leurs collaborateurs un retour complet au bureau qui nuit aux performances de leurs entreprises… tandis que les salariés s’arc-boutent sur un travail à domicile qui les rend malheureux !

Un moyen d'éviter d'échanger avec son supérieur hiérarchique

Pour résoudre ce paradoxe, il est utile de se pencher sur un autre type d’études : celles qui inventorient les émotions ressenties au fil de la journée. Un article de 2004 publié dans Science révèle ainsi que de toutes les activités quotidiennes, la moins gratifiante, plus détestée encore que le trajet domicile-travail, c’est… parler avec un supérieur hiérarchique. Aucune interaction ne génère plus d’émotions négatives !

Osons donc une question qui fâche – et même deux. Les mordus du télétravail, en plus d’échapper au métro ou aux embouteillages, ne cherchent-ils pas aussi à éviter un mauvais chef ? Et quand ce chef insiste pour les faire revenir dans son champ de vision, n’est-ce pas justement un exemple du style de management qui les fait fuir ? Les chercheurs de Pittsburgh ne semblent pas loin de le penser. Les entreprises imposant un retour au bureau, notent-ils, sont principalement celles dont les résultats fléchissent, et qui espèrent "réaffirmer leur contrôle sur les employés et en faire les boucs émissaires de la sous-performance".

Si ce diagnostic est juste, on peut craindre que le travail hybride, compromis de plus en plus populaire, ne soit pas une solution suffisante. En compliquant la gestion des calendriers, il risque même d’alourdir la tâche de managers d’équipe déjà dépassés ! Là où les tensions autour du télétravail révèlent une insuffisance du management de proximité, c’est un problème capital pour la motivation et la productivité des équipes, où qu’elles soient. Et c’est à ce problème qu’il faut s’attaquer en priorité.

* Son dernier livre est La diversité n’est pas ce que vous croyez ! (Flammarion).




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