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Июнь
2025

L'exposition à voir : les "copistes" du IIIe millénaire au Centre Pompidou Metz

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"Les bons artistes copient, les grands artistes volent." La petite phrase assassine de Picasso, restée fameuse dans l’histoire de l’art - celle d’une modernité en train de s’écrire sur la toile - se voit bousculée au Centre Pompidou Metz. Si le maître espagnol a, par ses mots, souligné la suspicion qui a longtemps accompagné l’acte de copier une œuvre, le musée mosellan, lui, s’engouffre délibérément dans la brèche pour réinterroger le genre à l’aune de notre ère contemporaine. A l’heure où la peinture revient significativement à la figuration et où nombre de jeunes artistes revisitent les maîtres d’antan, la démultiplication des images inhérente au numérique rebat les cartes de la méthode même, en repousse les limites par les moyens de reproduction offerts, du scan 3D aux jeux vidéo. Pour explorer la manière dont les créateurs du IIIe millénaire s’emparent d’un registre longtemps décrié, Metz s’associe, tout naturellement, au Louvre, le temple pluriséculaire de la copie. Des générations d’artistes, parmi lesquels Gustave Moreau, Manet ou Matisse, ont foulé les arcanes de l’institution parisienne, laquelle, on l’ignore parfois, dispose encore d’un "bureau des copistes" accueillant des peintres du monde entier.

"A partir de l’œuvre de votre choix conservée parmi les collections du musée du Louvre, imaginez sa copie." C’est cette invitation qu’une centaine de créateurs, français et étrangers, ont reçue des commissaires Donatien Grau et Chiara Parisi. Tous se sont prêtés au jeu, jouant en toute liberté avec la nature, le contexte et leur ressenti de l’œuvre, jusqu’à lui conférer une existence autonome. Ainsi, familière de la pécheresse, figure biblique phare de son corpus, Brigitte Aubignac célèbre la nudité de la Sainte Marie Madeleine façonnée dans le bois de tilleul par Gregor Erhart au XVIe siècle, tandis que Fabienne Verdier revisite, à l’aide de techniques mixtes, l’Annonciation de Van der Weyden ou que Jill Mulleady reprend avec délicatesse deux sujets empreints de vulnérabilité : un chat mort de Géricault et une petite mendiante rousse d’Emile Deroy.

Djamel Tatah, "Sans titre", 2025.

"Les artistes prennent toujours à leurs aînés. Les images de l’art sont vampirisées, mais de main en main les reprises ou les copies restent incarnées", souligne Djamel Tatah. Le Franco-Algérien a choisi de se soumettre à l’exercice à partir de la fameuse Jeune Orpheline au cimetière, qui a joué un rôle de premier plan dans sa découverte des maîtres anciens. Ici, la figure peinte par Delacroix en 1824, en préparation de sa Scène des massacres de Scio, est aisément reconnaissable, même si Tatah la transpose dans son univers peuplé de figures silencieuses et dépourvues de narration, les grands aplats de beige et de gris gommant les éléments du décor de désolation d’origine, tout en restituant la mélancolie qui habite l’ensemble.

Jeff Koons, lui, s’est penché au chevet de l’Hermaphrodite endormi, une pièce maîtresse du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines au Louvre, dont la courbe archétypale, qu’on retrouve chez Giorgione ou Titien, lui paraît être à elle seule un apprentissage de la sensualité. A une reprise en plâtre du corps reposant sur le ventre, il a incorporé ses célèbres Gazing Balls – des boules d’observation colorées en verre – pour "leur capacité à refléter différents points de vue, ceux de l’hermaphrodite et ceux des spectateurs". En ouverture du parcours, sa revisite annonce d’emblée la tonalité d’une déambulation riche en partis pris surprenants.




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