« Gilets jaunes » : un film en fait des « gilets rouges »
L’Iref a consacré un article récent au rapport de l’Inspection générale des finances sur les aides au cinéma qui montrait, entre autres, que 84 % des films français n’étaient pas rentables ! Comment s’en étonner quand l’on sait qu’une bonne partie d’entre eux a pour sujet le misérabilisme de nos banlieues, le féminisme en lutte contre le « patriarcat », le racisme « systémique » de la « police qui tue », les ouvriers victimes des multinationales évidemment américaines et du système capitaliste, etc. ?
La cuvée du 5 novembre est à l’avenant. Le long métrage français de la semaine ? Les Braises de Thomas Kruithof, consacré aux « gilets jaunes » et, dans le rôle vedette, l’actrice Virginie Efira qui a enchaîné les entretiens à la presse avant sa sortie.
Madame Figaro (31 octobre 2025) -oui, nos lecteurs lisent bien, du groupe Le Figaro– s’enthousiasme devant cette comédienne « rompue à des rôles engagés dans un cinéma social exigeant ». Virginie Efira « interprète une ouvrière qui s’engage avec ferveur dans le mouvement qui a secoué la France à partir de 2018 » (Ouest France, 2 novembre 2025), « une employée d’usine qui se révèle grâce à la puissance du collectif »(Le Parisien, 2 novembre 2025).
L’actrice peut être rassurée : son engagement à gauche va lui permettre de continuer à tourner dans des films français grassement subventionnés.
Le « collectif », Virginie Efira ne semble avoir que ce mot à la bouche : « Je me souviens de la force du collectif et d’un retour du rassemblement (pas le RN !), à un moment où la société sortait d’une sorte de crise du lien et d’individualisme croissant » (Madame Figaro). Ah, cet individualisme mortifère !
Le rejet du capitalisme ne pouvait que suivre : « « Avant ça, j’avais lu un livre sur ce qu’on appelait « la France périphérique » (référence au sociologue Christophe Guilluy, dont nous avons décortiqué les élucubrations et démontré la direction politique dans notre pendule), ceux que notre système économique, la démocratie, le capitalisme ensemble, laissent sur le côté ou pas » (Le Parisien).
A ceux qui douteraient encore des accointances idéologiques de notre actrice franco-belge, voici quelques déclarations complémentaires : « On ne peut pas dire qu’on est dans une société égalitaire où la justice sociale et fiscale est parfaite ». « Le système économique, avec cette différence qui se creuse entre ceux qui deviennent de plus en plus riches et ceux qui s’appauvrissent, contribue à cette fracture » (Ouest France).
Rassurons nos lecteurs : les forces de l’ordre ne sont pas oubliées. « Le reste appartient au réalisateur, à son regard sur ce que sont les violences policières » (Le Parisien).
Bref, Virginie Efira interprète la crise des « gilets jaunes » comme un mouvement social dirigé contre l’individualisme et le capitalisme, en omettant soigneusement de souligner qu’il s’agissait initialement d’un ras-le-bol fiscal et d’un mouvement de contestation d’un certain nombre de réglementations étouffant ceux qui se trouvaient dans l’obligation de se servir de leurs voitures. Un mouvement que la gauche et l’extrême gauche ont tenté de récupérer en transformant les « gilets jaunes » en « jaloux jaunes », comme on les a plaisamment nommés.
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