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Ноябрь
2025

Octave Klaba, patron d'OVHcloud : "L'IA déterminera quelle partie du monde va dominer l’autre pendant des décennies"

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Jamais les data centers n’avaient semblé aussi sexy. Depuis que les Américains dépensent des centaines de milliards de dollars pour en couvrir leur pays et mener la course à l’IA, ces grands entrepôts remplis de serveurs sont la nouvelle passion des investisseurs. OVHcloud, le premier fournisseur européen, ne bénéficie guère de cette euphorie boursière : depuis son introduction en Bourse en 2021, son cours a baissé de plus de 50 %. Le groupe fondé par le franco-polonais Octave Klaba affronte, il est vrai, une concurrence de taille : celle des trois géants américains, Amazon, Microsoft et Alphabet, qui ont avalé les trois quarts du marché du cloud européen.

Octave Klaba l’assure, grâce aux investissements de ces dernières années, OVH possède désormais un catalogue assez solide pour répondre aux besoins de tous les types de clients, et dispose de technologies de pointe pour profiter des vagues de l’IA et du quantique. Des arguments qui résonnent à l’heure où les Européens se rendent compte du danger de leur dépendance aux technologies américaines. Entretien.

L’Express : Président du conseil d’administration d’OVHcloud, vous avez récemment remis votre casquette de DG. Pour quelles raisons ?

Octave Klaba : Notre croissance a diminué de manière inattendue, un peu trop brutalement selon nous. Deux raisons à cela. D’abord, lorsque nous nous sommes cotés en Bourse en 2021, nous avions un plan stratégique sur cinq ans que nous n’avons pas suffisamment fait évoluer par la suite. C’est nécessaire dans un secteur qui se transforme aussi vite que le nôtre. L’arrivée de l’IA a changé beaucoup de choses. A l’avenir, nous adapterons davantage notre stratégie aux signaux faibles que nous percevons. Le deuxième facteur était que nous manquions d’alignement entre la vision, la stratégie et l’exécution. C’est la raison pour laquelle je reprends le rôle de PDG. Nous renforçons également la gouvernance avec de nouveaux membres au sein du conseil d’administration.

Quels sont les grands objectifs d’OVHcloud pour les cinq ans à venir ?

Beaucoup de nouvelles entreprises du cloud et de l’IA ont vu le jour ces dernières années en Europe. C’est très positif mais insuffisant car il s’agit souvent d’acteurs nationaux qui ciblent des besoins précis. Nous avons besoin d’entreprises européennes et même plus, d’acteurs systémiques. Autrement dit, des acteurs qui répondent aux besoins de toutes les typologies de clients existantes, de l’Etat aux grandes entreprises en passant par les PME et les particuliers. Nous pensons qu’OVHcloud en est un.

Vous n’occupez cependant qu’une petite part du marché cloud européen, les Américains se taillant la part du lion. Comment comptez-vous acquérir cette envergure européenne ?

OVHcloud fait la moitié de son chiffre d’affaires en France, l’autre moitié à l’extérieur, dont une partie en Europe et aux Etats-Unis. Ceux-ci sont notre deuxième plus gros marché, avec un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros, et un potentiel incroyable. Cela fait 20 ans que nous avons des data centers et des équipes dans d’autres pays européens (NDLR : Pologne, Allemagne, Royaume-Uni, Italie). Nous voulons aller plus loin. Depuis 2021, nous avons fortement investi dans le développement de nouveaux produits cloud que nous sommes en train de déployer dans différentes villes européennes.

Envisagez-vous des acquisitions pour vous développer plus vite sur le Vieux Continent ?

Jusqu’en 2016, notre flux de trésorerie disponible était positif. Nous avons ensuite beaucoup investi pendant deux cycles, ce qui l’a fait basculer dans le rouge. Mais nous avons la ferme intention de remédier à ça. Dès lors, beaucoup de choses deviendront possibles. Un paramètre reste toutefois déterminant : la valorisation d’OVHcloud. Si elle est trop basse, il ne sera pas judicieux pour nous de faire des acquisitions car cela diluerait les actionnaires existants.

Votre chemin boursier n’a pas été bordé de roses. Quelles leçons en tirez-vous ?

En 2021, nous débutions dans la communication avec les investisseurs. Nous avons dû apprendre à maîtriser cela à une période où OVHcloud était quasiment une "large cap". Nous sommes ensuite tombés dans la catégorie des "mid-small cap". Aujourd’hui, nous travaillons à ce que notre valorisation reflète mieux ce que l’on est. Un exemple : en 2016, nous avons levé 250 millions d’euros pour construire des data centers et avons installé 250 mégawatts de capacité. Cela vaut dix fois plus maintenant. Beaucoup de fonds seraient prêts à les valoriser 2,5 milliards. Mais notre cours ne le reflète pas pour le moment.

L’énergie est un facteur clé dans le domaine des data centers. La France met souvent en avant son nucléaire décarboné. Des pays nordiques, tels que la Suède, géant de l’hydroélectricité, disposent d’énergies renouvelables à profusion. Mais le coût de l’énergie reste élevé en Europe. Sommes-nous plutôt avantagés ou handicapés à ce niveau par rapport aux Etats-Unis ?

L’énergie est en effet le moteur de l’économie. Or, en termes de coût, l’Europe s’est décalée des autres. L’électricité est globalement deux fois plus chère ici qu’aux Etats-Unis ou au Canada. Cela a fatalement un impact sur les modèles économiques. Nous avons développé une technologie de pointe en matière de refroidissement par eau. Elle nous permet de consommer deux fois moins d’énergie que nos principaux concurrents.

Que pensez-vous des investissements américains colossaux dans les data centers dédiés à l’IA ?

L’IA est une technologie incroyable qui s’améliore chaque jour. Le modèle économique des entreprises IA n’est pas encore parfaitement clair. On ne sait toujours pas exactement qui va payer. D’où les inquiétudes autour d’une bulle. Mais les enjeux dépassent ceux des entreprises. L’IA déterminera quelle partie du monde va dominer l’autre pendant des décennies. C’est cela, le réel enjeu. Et c’est la raison de la guerre économique que se livrent les Etats-Unis et la Chine. Ce qui nous intéresse plus spécifiquement, au sein d’OVHcloud, c’est la manière dont l’IA va être consommée et placée au centre des postes de travail. Nous venons d’annoncer de nouvelles infrastructures IA et l’intégration d’un agent de codage qui permettra aux développeurs de créer de véritables jumeaux numériques professionnels, le tout dans un environnement sécurisé et de confiance. Nous allons aussi accompagner les éditeurs pour les aider à intégrer l’IA agentique dans leurs logiciels. Nous sommes une marketplace pour les développeurs et les fournisseurs de technologies et d’IA, et nous permettrons aux entreprises européennes de pleinement profiter de ces innovations en toute sécurité.

Que doit faire l’Europe pour se placer dans l’économie de l’IA ?

L’initiative européenne de créer des gigafactories IA est bonne. Mais ce qui m’importe plus, c’est de voir comment créer une offre globale européenne. Il faut atteindre une masse critique pour rentabiliser les investissements requis par l’IA : les clients d’un seul pays n’y suffiront pas. Dès lors que votre offre se vend, que vous avez des clients, peu importe que vous obteniez ou non des financements de l’UE.

Peut-on revenir dans la course aux puces et bâtir des alternatives européennes à Nvidia ?

Nvidia est extrêmement fort dans les puces taillées pour l’entraînement des IA. Mais il y a aussi un besoin grandissant de puces adaptées à l’inférence (NDLR : lorsque l’IA génère la réponse à une demande). C’est un domaine qui est tout à fait à la portée des Européens.

Selon vous, la valeur ajoutée d’OVHcloud doit être l’innovation, pas la souveraineté. Pourquoi ? Que pensez-vous des entreprises américaines qui se mettent à vendre aux Européens des offres de "cloud souverains" ?

OVHcloud est un acteur souverain. Nous venons de France, notre capital est européen, nous respectons les lois locales. Ce sont nos valeurs de départ. Mais les acteurs privés ou publics ont des besoins plus précis que cela, notamment de sécurité. Ils veulent savoir comment vous allez concrètement chiffrer leurs données. Qui va avoir accès aux clés. Quels plans de sauvegarde et de restauration de data vous leur proposez. Ce sont leurs principaux critères de choix. Le caractère souverain de votre entreprise est un "plus".

Les Européens mesurent-ils aujourd’hui le danger que la dépendance aux technologies américaines fait peser sur eux ?

Le Liberation Day de Trump a forcé les Européens à ouvrir les yeux sur leurs dépendances dans le domaine militaire, énergétique mais aussi numérique. Cela provoque deux types de réactions. Chez certains, la résignation : on ne peut rien y faire, il n’y a pas d’alternative. Chez d’autres, l’envie de faire bouger les choses. De plus en plus d’acteurs publics comprennent que pour créer l’offre, il faut créer la demande. En somme, plutôt que d’ouvrir des lignes de crédit, il faut passer des appels d’offres. C’est en effet la bonne voie. Côté privé, les entreprises sont plus attentives à la dépendance technologique. L’onde de choc dans le marché des licences de virtualisation a été un véritable déclic pour nombre de sociétés européennes (NDLR : suite au rachat de VMware par Broadcom, elles ont dû accepter de fortes hausses de prix, faute de solution alternative). Pour autant, les entrepreneurs restent pragmatiques : ils doivent d’abord tenir leurs budgets.

Les géants américains ont un catalogue de produits cloud très divers. Parvenez-vous à répondre à l’ensemble des besoins de vos clients ?

En 2021, il nous manquait effectivement certains produits clés. Mais depuis, nous en avons doublé notre catalogue, le portant à 80 produits cloud. Nous répondons désormais complètement aux besoins d’une très large variété d’entreprises et d’acteurs.

Les géants américains du cloud ont des budgets colossaux qui leur permettent d’exceller en cybersécurité. Comment vous défendez-vous à ce niveau ?

Vous avez raison, mais les Européens sont également très bons en la matière, tout comme les Israéliens. Nous avons développé pour nos data centers une offre d’hébergement des données les plus sensibles, avec de nombreuses sécurités, du chiffrement et tous les contrôles adéquats. Ce produit peut être utilisé par nos clients sur leurs propres sites, qu’il s’agisse de data centers, d’usines ou d’entrepôts, et répond même aux besoins très spécifiques des théâtres d’opérations militaires. C’est un produit extrêmement sécurisé qui n’existait pas sur le marché.

Alors, oui les Américains ont beaucoup de moyens, mais ont-ils les bons produits ? C’est ce qui fait la différence dans le cloud : le coup d’avance. C’est comme cela que l’on gagne face à eux. Pas en travaillant sur les produits dont ont besoin les clients aujourd’hui, mais sur ceux dont ils auront besoin demain. Nous avons des coups d’avance dans plusieurs domaines. Dans les télécoms, auxquels nous offrons des solutions de communications sécurisées innovantes. Dans le refroidissement par eau, qui intéresse tout le monde aujourd’hui et que nous maîtrisons, nous, depuis 20 ans. Dans le quantique, que nous prospectons depuis plusieurs années déjà. Nous avons lancé cette semaine le premier cloud quantique européen. Dans de nombreux domaines, nous avons développé des technologies de pointe que le monde nous envie.




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