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Декабрь
2025

Algérie : le journaliste français Christophe Gleizes condamné en appel à 7 ans de prison

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Un effondrement pour les proches du reporter Christophe Gleizes. Un mois après la libération par Alger de l’intellectuel franco-algérien Boualem Sansal, on aurait pu espérer une issue similaire pour son homologue, le journaliste français, arrêté le 28 mai 2024, alors qu’il préparait un reportage sportif. Mais il n’en est rien : ce mercredi 3 décembre, la Cour d’appel de Tizi-Ouzou a confirmé la condamnation à 7 ans de prison du journaliste Christophe Gleizes, 36 ans, emprisonné depuis juin pour "apologie du terrorisme".

"La cour confirme le jugement rendu en première instance", a en effet déclaré le président de la juridiction à l’issue de ce nouveau procès - une annonce qui a suscité la consternation dans la salle. Ses proches, interrogés par l’AFP, se sont dits "effondrés". "Je suis sous le choc. Dans tous les scénarios envisagés, je ne me suis jamais imaginé celui de la confirmation du verdict. Tous les signaux étaient positifs sur un apaisement des relations" entre les deux pays, a ajouté Sylvie Godard, la mère du reporter.

"Apologie du terrorisme"

Le journaliste avait pourtant exhorté, mercredi 3 décembre, à la "clémence" la Cour d’appel de Tizi-Ouzou, juste avant que le parquet ne réclame un alourdissement à dix ans de sa première condamnation pour "apologie du terrorisme".

A la barre, l’accusé de 36 ans, condamné à sept ans de prison en première instance, a demandé "pardon", reconnaissant avoir fait "beaucoup d’erreurs journalistiques malgré (ses) bonnes intentions", selon un journaliste de l’AFP présent dans la salle où se trouvaient aussi la compagne et les parents du reporter. Christophe Gleizes a notamment reconnu qu’il aurait dû demander un visa de journaliste et pas de touriste avant de partir en reportage en Algérie.

Peu après son témoignage, le représentant du parquet a requis une peine de dix ans à son encontre. "L’accusé n’est pas venu en Algérie pour accomplir un travail journalistique mais (pour commettre) un acte hostile", a affirmé le magistrat qui n’a pas été identifié.

Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l’est d’Alger.

Seul journaliste français détenu à l’étranger, il avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi-Ouzou et placé sous contrôle judiciaire jusqu’à son premier procès, pour "être entré dans le pays avec un visa touristique, pour apologie du terrorisme et possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national", selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Le tribunal lui a demandé mercredi s’il savait que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) avait été classé en mai 2021 comme terroriste par les autorités algériennes quand il avait rencontré son président, Ferhat Mehenni, à Paris en octobre de la même année. "Je n’étais pas au courant et j’ai honte de le dire. Cela porte atteinte à mes compétences. J’avais complètement raté cette info", a-t-il répondu.

Christophe Gleizes a assuré s’être "profondément remis en question" : "Ces erreurs m’ont permis de réfléchir", a-t-il dit, assurant n’avoir "aucune rancœur" à l’encontre de l’Algérie. Des sanglots dans la voix, il a ajouté n’avoir "qu’une seule douleur, celle d’être coupé de (sa) famille", demandant à pouvoir "la retrouver".

Victime collatérale du conflit entre Paris et Alger, son avocat français, Emmanuel Daoud, espérait "une issue favorable", à la faveur d’un "apaisement des relations" entre les deux pays. La France, de son côté, a mercredi dit "regretter vivement" la décision de la justice algérienne.

La brouille entre l’Algérie et la France avait été déclenchée par le soutien total apporté en juillet 2024 par Paris au plan d’autonomie marocain pour le territoire disputé du Sahara occidental, puis s’était envenimée après l’arrestation en novembre suivant de Boualem Sansal, un critique notoire du pouvoir algérien.

"Un journaliste n’est pas un activiste"

De nombreux médias français ainsi que RSF et des syndicats de journalistes avaient appelé la semaine passée dans une tribune à une remise en liberté de Christophe Gleizes, qui n’a selon eux "commis aucun crime". Il "n’a rien à faire en prison, il n’est coupable que d’avoir exercé son métier de journaliste sportif et d’aimer le football algérien", a déclaré fin octobre Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.

"Nous devons expliquer aux magistrats d’appel qu’un journaliste ne fait pas de politique", "n’est pas un idéologue", "pas un activiste", a souligné Me Daoud avant l’audience. Il a fait part de sa surprise, disant "avoir rarement vu un dossier aussi vide qui se terminait par une condamnation aussi sévère". Le journaliste a désormais huit jours pour se pourvoir en Cassation, selon le président de la Cour.




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