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"Un euro investi dans une université rapporte trois euros à son territoire" : le plaidoyer de Lamri Adoui

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A quelques semaines des élections municipales, les universités veulent peser dans le débat public. En formulant des propositions concrètes à l’adresse des candidats, les membres de France Universités ont voulu montrer que leurs établissements étaient "ouverts sur le territoire, l’économie, la société civile, loin de l’image parfois figée que peut avoir l’institution universitaire". Finances, logement, transport, recherche, … Lamri Adoui, le président de l’organisation et de l’Université Caen-Normandie, porte leur voix dans L'Express. Un galop d’essai avant d’aller plus loin en 2027, en amont du scrutin présidentiel.

L'Express : La loi de finances 2026 enfin votée par le Parlement alloue un budget en hausse pour les universités. Une satisfaction, compte tenu de leurs difficultés financières ?

Lamri Adoui : Depuis 20 ans, la France sous-investit de façon chronique dans les enjeux de la jeunesse, de l'enseignement supérieur, de la recherche, creusant l’écart avec des pays comme l'Allemagne. Notre pays avait promis d’y allouer 3 % de son PIB [NDLR : un engagement qui remonte au sommet européen de Lisbonne en 2000], on est à 2,18 %, soit une différence de 25 milliards d'euros par an. Deuxièmement, les moyens n'ont pas suivi la croissance du nombre d'étudiants. Or 230 000 élèves en plus ces dix dernières années équivalent à dix universités supplémentaires. Enfin, certaines mesures récemment décidées par l'État sur les mutuelles, les cotisations de retraite, la hausse du point d'indice des agents de la fonction publique, pèseront à hauteur de 440 millions d'euros cette année dans les comptes des universités françaises. Le budget adopté le 2 février ne fait que les corriger en partie en accordant une dotation supplémentaire de 230 millions d’euros. Le compte n'y est pas, mais le résultat aurait pu être pire : la copie initiale du gouvernement ne prévoyait que 80 millions en plus.

L’association France Universités monte aujourd’hui au créneau en amont des élections municipales. Pourtant l’enseignement supérieur n’est pas du ressort du maire…

Les universités sont au cœur des préoccupations des villes, notamment leur attractivité et leur développement économique. Si bien que, très souvent, nous sommes les premiers vers lesquels elles se tournent pour accompagner des mutations, réfléchir à des enjeux de transport ou de logement. Il nous semble important de peser en amont de cette séquence électorale, qui va se prolonger avec la présidentielle de 2027. C’est pourquoi nous formulons cinq propositions, déclinables dans tous les territoires, que nous adressons à l’ensemble des candidates et des candidats aux élections municipales 2026.

La voix des universités au niveau local a d’autant plus de poids que son impact socio-économique est important. Peut-on l’évaluer ?

Il varie selon les territoires mais, souvent, l'université est le premier employeur de la ville, parfois même de la région, avec les CHU. A titre d’exemple, Caen, c’est 110 000 habitants, 33 000 étudiants et 3 000 personnes employées à l’Université. L'impact social de l'université dans la ville est donc considérable. Son empreinte économique aussi : les enquêtes démontrent qu’un euro investi dans une université rapporte au minimum 3 euros à son territoire.

La fragilité financière des universités a donc de quoi inquiéter aussi les élus locaux ?

Oui, si elles n’ont plus les moyens d’assumer l'ensemble de leurs missions de service public, elles devront faire des choix douloureux, soit en termes de capacité d'accueil des étudiants, soit en termes de maillage territorial. Or au nom de l’égalité des chances, on est très fiers en France qu'il n'y ait pas un étudiant qui soit à plus de 70 kilomètres d'un campus.

Parmi vos propositions, vous mettez l’accent sur le logement. Comment les universités, de concert avec les villes, peuvent répondre à la pénurie ?

Le logement est le premier poste de dépense des étudiants qui décohabitent. Les CROUS n’en hébergent que 8 % en résidences universitaires. En outre, le marché est en tension de façon générale, car beaucoup de logements sont sortis du parc locatif, soit parce qu'ils ne respectaient plus les critères énergétiques, soit parce qu'ils sont loués en Airbnb.

Dans certains territoires, des universités pourraient libérer du foncier pour construire des résidences étudiantes, avec éventuellement un soutien financier des collectivités. Les projets doivent aussi être pensés en tenant compte des évolutions démographiques à venir afin qu’ils puissent s’adapter aux besoins futurs.

Sur les autres questions sociales, comment les municipalités peuvent-elles agir en faveur des étudiants ?

En matière de transports, certaines villes ont fait le choix de la gratuité, tandis que d’autres ont mis en place un système de tarifications avantageuses pour les étudiants. Nous proposons une troisième voie qui consisterait à indexer les tarifications sur les niveaux des bourses de sorte que chacun puisse participer à hauteur de ses moyens. La santé constitue aussi un enjeu majeur. De grands centres et des services dédiés aux étudiants ont vu le jour, notamment grâce à un décret de 2023. Toutefois il reste difficile de proposer une offre équivalente à tous les jeunes, car certains dépendent d’un campus métropolitain, quand d’autres étudient sur des sites éloignés de 80 kilomètres de la ville dont dépend l’université. Il est donc essentiel de développer des partenariats avec les acteurs de santé déjà implantés sur les territoires concernés. Enfin, le travail mené autour des épiceries sociales et solidaires doit être poursuivi, coordonné et renforcé.

Que pensez-vous de cette nouvelle mesure qui vise à généraliser le repas à un euro pour tous les étudiants à partir de mai prochain ?

Son objectif, qui vise à mieux lutter contre la précarité étudiante, est en soi louable. Mais la réalité est plus complexe. Avant tout, il faut s’assurer que les CROUS disposent des moyens humains et des capacités d’accueil nécessaires pour la mettre en œuvre. Lors de l’expérimentation du repas à un euro pendant la crise du Covid, on avait déjà observé un allongement important des files d’attente devant les restaurants universitaires. Face à un risque d’explosion de la demande, les universités devront étendre en conséquence les pauses méridiennes, ce qui implique une refonte des emplois du temps, avec des cours plus tôt le matin et plus tard le soir. Or la personnalisation croissante des parcours rend cette organisation encore plus complexe. Ma principale crainte est que cet afflux ne finisse par décourager certains publics, notamment ceux qui ont justement le plus besoin de ce dispositif.

Les municipalités ont-elles aussi un rôle à jouer pour encourager la recherche ?

Les chercheurs sont souvent de précieux partenaires pour les villes. De nombreuses collectivités font appel à eux, par exemple pour identifier les îlots de chaleur urbaine et réfléchir aux moyens de végétaliser ces zones. D’autres s’appuient sur l’expertise universitaire pour évaluer le recul du trait de côtes lié à l’impact des vagues et des tempêtes. Un vrai sujet d’actualité en ce moment dans le Sud-Ouest ! Les villes peuvent également solliciter les chercheurs pour structurer des écosystèmes d’innovation. Plus largement, ils jouent fréquemment un rôle de guide et de conseil dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. On pourrait d’ailleurs aller encore plus loin en développant des partenariats avec des doctorants. Ceux-ci pourraient être recrutés par les municipalités pour travailler directement sur des problématiques locales, en lien avec les besoins du territoire.




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