Добавить новость
ru24.net
World News
Февраль
2026

Fascisme : pourquoi il faut relire Umberto Eco

0

Lecteur, êtes-vous fasciste ou anti-fasciste ? Vous êtes sommé de choisir votre camp. Après tout, n’y a-t-il pas sur une barricade, comme le dit le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, "que deux côtés" ? Si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous êtes contre nous. Cette logique campiste présente au moins un avantage : elle évite de réfléchir. L’anathème "fasciste" empêche toute conversation, puisqu’on ne discute pas avec un fasciste. Mais si vous voulez comprendre plutôt que juger, si vous refusez cette vision binaire, simpliste et réductrice, si vous voulez vous faire une idée de ce qu’est réellement le fascisme, on ne peut que vous recommander la lecture d’un court essai d’Umberto Eco, Reconnaître le fascisme (Grasset, 40 pages). Le philosophe italien a vécu dans sa chair le fascisme de Benito Mussolini et ce livre, avant d’être un essai théorique, est un précieux témoignage de l’expérience personnelle d’un des plus grands penseurs du XXe siècle.

L’ouvrage, qui peut se lire d’une traite, est extrait d’un discours prononcé par Umberto Eco à l’université de Columbia, à New York, le 25 avril 1995, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la libération de l’Europe. Il y revient longuement sur l’ubiquité du thème "fascisme", désignant strictement, à l’origine, le régime de Mussolini, avant de devenir un moyen d’anathème universel. "Le terme fascisme s’adapte à tout parce que même si l’on élimine un ou plusieurs aspects, il sera toujours possible de le reconnaître comme fasciste. Enlevez-lui l’impérialisme et vous aurez Franco et Salazar ; enlevez le colonialisme et vous aurez le fascisme balkanique. Ajoutez au fascisme italien un anti-capitalisme radical et vous aurez Ezra Pound", explique l’universitaire, avant d’établir une liste de quatorze caractéristiques de ce qu’il nomme "l’Ur-fascisme", soit le fascisme "primitif et éternel".

Il y a bien sûr le culte de la tradition, le refus du modernisme, le rejet de la culture et de tout esprit critique, mais aussi des traits plus insidieux, comme la peur de la différence, l’obsession du complot et un certain goût pour la "novlangue". Un régime fasciste ne remplit pas forcément ces quatorze conditions - Eco en fait la démonstration -, mais si un régime en présente quelques-unes, il faut se méfier. "Ce serait tellement plus confortable si quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire : 'Je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires reviennent parader dans les rues italiennes !' Hélas, la vie n’est pas aussi simple. L’Ur-fascisme est susceptible de revenir sous les formes les plus innocentes", développe l’érudit.

Au terme de sa démonstration, Umberto Eco raconte qu’au matin du 27 juillet 1943, alors qu’il avait 11 ans, sa mère l’envoie acheter le journal. "J’allai au kiosque le plus proche. Là, je vis que des journaux, il y en avait beaucoup, mais qu’ils avaient tous des noms différents. En outre, après un bref coup d’œil aux titres, je m’aperçus que chacun disait des choses différentes." Jean-Luc Mélenchon, qui trie désormais les journalistes invités à ses conférences de presse, ne conviant que ceux qui sont d’accord avec lui, serait bien inspiré de relire Umberto Eco.




Moscow.media
Частные объявления сегодня





Rss.plus
















Музыкальные новости




























Спорт в России и мире

Новости спорта


Новости тенниса