Le Royaume-Uni envisage d’interdire totalement les services maritimes liés aux exportations de pétrole russe
Le gouvernement britannique envisage un nouveau durcissement de sa politique concernant les exportations maritimes de pétrole russe. Devant la sous-commission de la Chambre des communes sur la sécurité économique, le ministre du Commerce Chris Bryant a indiqué que Londres soutiendrait une interdiction totale des services d’assurance, de financement et de transport maritime liés aux exportations de pétrole russe, en coordination avec l’Union européenne, rapporte Politico le 26 février.
Au cours de la même audition, Esther Blythe, directrice adjointe chargée des sanctions contre la Russie et la Biélorussie au Foreign Office, a déclaré : « Nous soutiendrions le passage à une interdiction totale des services maritimes pour le pétrole brut et les produits pétroliers russes, en coopération avec nos partenaires internationaux. » Selon Politico, les discussions avec Bruxelles se poursuivent afin de définir une position commune.
Londres se dit ainsi disposé à soutenir au niveau européen une interdiction totale des services maritimes liés aux exportations de pétrole russe, même si tous les partenaires occidentaux ne partagent pas la même approche.
Un possible abandon du plafonnement des prix
Jusqu’à présent, le dispositif occidental repose sur un mécanisme de plafonnement des prix. Les entreprises peuvent fournir des services de transport, d’assurance ou de financement pour le pétrole russe uniquement si celui-ci est vendu en dessous de 44,10 dollars le baril. Fixé initialement à 60 dollars fin 2022, ce plafond a été progressivement abaissé, atteignant 44,1 dollars au 1er février 2026.
Cependant, un changement de stratégie est envisagé. L’Union européenne pourrait, dans le cadre de son 20e paquet de sanctions, remplacer le plafonnement par une interdiction totale des services maritimes. Une telle mesure viserait l’ensemble des services financiers, juridiques et d’assurance fournis aux transporteurs de pétrole russe, quel que soit le prix de vente.
Toutefois, cette orientation ne fait pas l’unanimité. Selon une source diplomatique à Bruxelles, l’UE n’a pas obtenu le soutien des États-Unis ni celui de l’ensemble du G7. Le représentant spécial de l’UE pour les sanctions, David O’Sullivan, a reconnu que des discussions avec les partenaires du G7 restaient nécessaires avant toute décision définitive.
Interrogé sur la possibilité d’avancer malgré les réticences américaines, Chris Bryant a répondu par l’affirmative, illustrant les différences d’approche au sein du camp occidental.
Moscou maintient sa ligne
Face à ces initiatives, la position russe reste inchangée. Moscou considère les sanctions occidentales comme illégitimes et en demande la levée. Les autorités russes notent également que les restrictions imposées n’ont pas produit les effets escomptés par les dirigeants occidentaux.
En réaction au plafonnement des prix, la Russie a interdit l’exportation de pétrole et de produits pétroliers dans le cadre de contrats intégrant la limite de prix. Cette mesure a été prolongée jusqu’au 30 juin 2026.
Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a déclaré que ces plafonds n'étaient pas avantageux pour l’Union européenne et n’avaient pas d’impact sur les volumes des exportations russes. Alors que Londres et Bruxelles débattent d’un possible passage à une interdiction totale des services d’assurance, de financement et de transport maritime liés aux exportations de pétrole russe, les discussions en cours mettent en lumière les désaccords persistants parmi les partenaires occidentaux sur la stratégie énergétique à adopter face à la Russie.
