L'équipe son de "F1", nommée aux Oscars, a recréé le rugissement des circuits
C'est le défi que devait relever l'équipe son de "F1, Le Film", avec Brad Pitt, qui s'est invité de manière surprise dans la course à l'Oscar du meilleur film.
"Il était important de préserver l'énergie d'une véritable course de Formule 1", confie à l'AFP Gwendolyn Yates Whittle, ingénieure du son qui a notamment travaillé sur "Titanic" et les trois opus d'"Avatar".
Elle-même n'était pas vraiment fan de sports mécaniques lorsqu'elle a accepté de travailler sur ce film, pour lequel elle est nommée pour l'Oscar du meilleur mixage sonore, aux côtés de Gareth John, Juan Peralta, Al Nelson et Gary A. Rizzo.
Brad Pitt y incarne un ex-pilote de Formule 1 au caractère sulfureux, recruté pour redresser une écurie en perdition, dirigée par son ancien coéquipier, joué par Javier Bardem.
Le jeune pilote star de l'équipe (Damson Idris) a du mal à accepter le retour du vétéran. Leur relation difficile constitue l'ossature émotionnelle d'un film dont l'intrigue présente des similitudes avec le précédent succès du réalisateur Joseph Kosinski, "Top Gun: Maverick".
L'équipe sonore voulait donner aux spectateurs l'impression d'être à l'intérieur des bolides, explique Mme Yates Whittle.
L'ambition était "de recréer, pour quelqu'un qui n'est jamais monté dans une Formule 1, ce que ça fait d'être dedans, ce que ça fait d'être dans les tribunes quand on n'a jamais assisté à une course de F1".
Pour cet ingénieure son comptant plus de 120 films à son actif, tout se jouait dans les détails. Le montage très rapide du film alterne les sons des moteurs, des pneus, des freins et des communications radio – et tout devait être "d'une clarté cristalline" pour le public.
"C'était un défi, mais un beau défi", sourit-elle.
Le résultat a déjà valu à l'équipe un BAFTA, l'équivalent britannique des Césars, et un Critics Choice Award, prix remis par les critiques de cinéma américains.
Lors de la cérémonie des Oscars, le 15 mars, ils affronteront les ingénieurs du son de "Frankenstein", "Sinners", "Une bataille après l'autre" et du film espagnol "Sirat".
Succès "fantastique"
"F1, Le Film" est un succès pour Apple, avec plus de 630 millions de dollars de recettes dans le monde. Au-delà des catégories meilleur film et meilleur son, il est aussi nommé pour ses effets spéciaux.
Après avoir remporté un Oscar l'an dernier pour le mixage sonore du second volet de "Dune", avec Timothée Chalamet, l'ingénieur son Gareth Jones savoure le succès "fantastique" de ce film sur la Formule 1, où apparaissent des vrais pilotes, comme le septuple champion du monde Lewis Hamilton, ainsi que Fernando Alonso et Lando Norris.
L'équipe son s'est immergée dans la discipline, en se rendant directement sur les circuits pour étudier les sons des circuits.
"On s'est tellement amusés, en étant propulsés dans l'univers de la Formule 1", raconte M. John.
Le mixeur Juan Peralta était lui un grand amateur du sport. Pour lui, conjuguer son métier à une passion de longue date représentait un défi supplémentaire.
"Je suis fan de Formule 1 depuis longtemps, donc j'étais très nerveux à l'idée d'essayer de représenter la Formule 1 du mieux possible, et aussi de la transposer en salle de cinéma", raconte-t-il. "Cet environnement était un défi, mais je l'ai relevé, et je me suis beaucoup amusé."
