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François Hollande, les coulisses de sa candidature : "Je ne ferais pas le même discours qu’au Bourget"

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Quand l’histoire du dernier quinquennat socialiste a-t-elle été soldée ? Peut-être un mardi matin de motion de censure, en cette fin d’année 2025. Huis clos d’un second inventaire. En réunion de groupe, les députés socialistes débattent de l’avenir du Premier ministre. Les questions fusent. Faut-il renvoyer Sébastien Lecornu ? Le maintenir, au contraire, au risque d’apparaître à nouveau comme la béquille du gouvernement ? Une majorité du groupe pousse au compromis. Une législature peut changer des hommes : le temps a fait son œuvre et les anciens - ceux qui jadis firent vaciller leur propre gouvernement lors de la Loi Travail (2016) - s’assagissent, embrassent le compromis.

Face à eux, une nouvelle génération, à l’aile gauche, se rebiffe. "Je vous parle en tant qu’ancien frondeur…" Laurent Baumel tente alors de trouver les mots pour raisonner les rebelles. Le parlementaire d’Indre-et-Loire en prononce un, tabou : "frondeur". Une première en présence de l’éléphant dans la pièce. Silence. Il poursuit, fustige ce funeste mandat où "ce genre de débats complexes étaient impossibles au groupe". Silence brisé. "Alors moi, je n’étais pas au groupe !", ironise le député François Hollande. Crever l’abcès, est-ce le prix de la rédemption ?

"L’esprit m’habite"

François Hollande en a vu d’autres, un ancien président ne s’autoflagelle pas. L’histoire serait ainsi faite à bâbord, il était le seul député présent à Jarnac, pour commémorer le 30e anniversaire de la mort de François Mitterrand. "Je me ferai enterrer plus proche de Paris pour que tu n’aies pas à faire le trajet", glisse-t-il, pinçant, à un émissaire d’Olivier Faure, en ce début du mois de janvier. C’est ainsi que ses amis brossent l’animal ; il en faut aussi, des comme ça. "Tu as pris des décisions d’intérêt national, sur la compétitivité ou l’économie, d’intérêt européen sur la question budgétaire et l’euro. Elles ont heurté une partie de ton électorat, car tu n’as pas pris des décisions d’intérêts partisans", lui dit souvent Bernard Poignant, son ancien conseiller à l’Elysée. Celui-ci en est persuadé, François Hollande "pourrait écrire le tome 2 des "longs remords du pouvoir", l’expression couchée par Alain Bergougnoux et Gérard Grunberg dans l’essai éponyme, narrant le mauvais ménage entre la gauche française et l’exercice de l’Etat.

L’ancien président, lui, a quelques regrets, pas tellement de remords. "Le débat n’est plus sur mon quinquennat, même si je peux y revenir autant qu’il le faudra mais sur la capacité d’unir un pays aujourd’hui fracturé dans un monde déstructuré", dit-il. Retour à Jarnac, Hollande en solitaire. Il s’en souvient, s’en étonne, le raconte. Jadis, les candidats putatifs du PS - ils sont pourtant pléthore aujourd’hui - venaient à ces commémorations pour "y chercher les forces de l’esprit", sourit-il. Et lui ? Il rit, cette fois-ci : "L’esprit m’habite".

Nostalgie d’ex-président, espoir de futur président. Voilà des années qu’il "cherche le trou de souris", selon l’expression - elle lui est presque consacrée. De sa tour de contrôle rue de Rivoli depuis la fin de son quinquennat, la salle d’attente est fleurie, il reçoit autant qu’il flatte, qu’il blague, qu’il disserte. Guillaume Lacroix passe par là, il y a trois ans de cela. Quoi de neuf, président ? "Je suis Mitterrand en 1972", ironise Hollande. Le Sphynx s’apprêtait à gravir l’Everest du pouvoir. Le chef du Parti radical de gauche reste songeur. "Il n’avait pas encore été président de la République en 1972, non ?". Avoir été, redevenir. "Sa force, c’est qu’il a été président. Son handicap, c’est qu’il a été président", songe tout haut son ancien ministre Pierre Moscovici. Le Général de Gaulle et Napoléon Bonaparte ont réussi, deux exceptions. L’Histoire a beau livrer des leçons, elle n’a jamais dissuadé grand monde. "Une candidature à la présidentielle doit révéler une détermination telle que rien ne pourra l’arrêter. Toute l’histoire politique française consistait à y penser sans le dire, et à le dire quand tout était pensé", affirme aujourd’hui à L’Express l’ancien chef de l’État. Mais puisque l’époque est aux déclarations à l’emporte-pièce, puisqu’il est aussi un homme du présent, il tient tout de même à témoigner de cette envie. "Je me prépare", titrait l’hebdomadaire Marianne, son visage en Une.

Les dîners de François Hollande

Hier, François Hollande était de retour. Aujourd’hui, il se prépare à être prêt. Personne n’a jamais vraiment soupçonné l’ancien président de revenir à l’Assemblée pour rédiger des amendements - il n’en dépose pas. Il renoue, blague avec de vieux camarades. Tiens, voilà un ancien socialiste, un ancien élève de surcroît, David Habib ! "J’ai été ton prof, je ne serai jamais ton maître", glisse-t-il à l’ancien fabiusien, devenu soutien de Bernard Cazeneuve. Au sein de son groupe parlementaire, il n’a pas l’emprise que lui prêtent les insoumis ; les zigzags stratégiques des roses lui ont parfois donné tort, d’autres fois raison. Mais il tâche d’apaiser les rancunes cultivées par la nouvelle génération, celle qui entreprend la reconstruction de la vieille maison depuis la fin du quinquennat. Le regard a peut-être changé.

Certains députés se sont repassé des extraits d’un débat datant de 2012, où Hollande candidat avait dominé Jean-François Copé. La nostalgie revient… Serait-il le seul, l’unique, à pouvoir concurrencer Jean-Luc Mélenchon, à gauche ? Palais Bourbon, terrain de la réhabilitation. "Je veux dire qu’il est bon camarade", note en privé Philippe Brun, son voisin dans l’hémicycle, le même qui avait rendu sa carte en 2015, "dégoûté" de la tournure de son quinquennat. Le même qui juge, amer, qu’après dix ans, la nouvelle génération de leaders socialistes a échoué à émerger. Hollande, champion, faute de mieux ?

Le député de l’Eure, disciple d’Arnaud Montebourg, a passé une tête, un soir, à la questure du Sénat. Depuis le mois de février, Marie-Arlette Carlotti convie en compagnie de François Hollande tout ce que le PS compte de nostalgiques du hollandisme et d’orphelins au parti. "Plutôt un lieu d’échange qu’un comité de campagne", précise Jean-Christophe Cambadélis. Ensemble, une trentaine de parlementaires refont le monde, balaient les sujets - la démocratie, la décarbonisation, le vieillissement, la jeunesse - dans le dos de la direction du Parti socialiste. Patrick Kanner, le patron des sénateurs du PS, présent aux agapes, ne voit pas ce retour d’un si mauvais œil : "Mais il n’est toujours pas une évidence. Tout l’enjeu maintenant pour lui c’est de savoir comment redevenir une évidence", analyse-t-il en petit comité.

L’évidence, cette quête semée d’obstacles. Quel vote interne pourrait gagner François Hollande au sein du Parti socialiste, lui qui n’y a plus vraiment de troupes ? L’ancien président de la République avait bien tenté de diviser pour mieux régner lors du dernier congrès, glissant quelques bons mots ici et là aux plus proches d’Olivier Faure - "Tu ferais un bon premier secrétaire !" - sans trop de succès. Mais le Parti socialiste est divisé en son sein. Les désaccords stratégiques entre les tenants d’une primaire de la gauche anti-mélenchoniste, ceux d’une coalition de cette même gauche anti-LFI, les soutiens de Raphaël Glucksmann et autres factions rabougrissent le parti à la rose.

Il y a aussi ces ambitions naissantes. Celles de Boris Vallaud par exemple, qui vient de publier son "manifeste pour la démarchandisation" (Seuil). Boris qui ? "Le projet de société c’est de donner à chacun les moyens de construire sa vie et à tous les éléments qui rassurent sur notre destin collectif. La question ce n’est plus seulement de définir la place respective du marché et de l’Etat. Ce qui était l’idée originelle du socialisme en France c’est de repenser l’efficacité de l’action publique et de l’inscrire dans le temps long", conteste l’ancien chef de l’Etat. "La stratégie de Hollande, c’est le bordel. Et puis réapparaître à la fin, fort de son expérience", a un jour soufflé Olivier Faure, qui a peut-être fini par installer cette perspective à force de la brandir en menace.

"Le problème de Raphaël Glucksmann, c’est…"

Il demeure tant d’hypothèques à lever. Celle de Raphaël Glucksmann sera déterminante. Une sourde bataille d’influence se prépare, entre le champion sondagier des sociaux-démocrates, et François Hollande. "Il se prépare tardivement à être le recours", a confié le premier à ses amis. Autrement dit, à le remplacer d’ici à la fin de l’année en cas d’échec. Le Corrézien a identifié les failles. "Le problème de Glucksmann est celui de tout candidat de la gauche réformiste. Pour gagner la présidentielle il faut, au-delà de l’incarnation, une force collective et une mobilisation citoyenne", dit l’homme encarté au PS depuis 1979. Il poursuit : "Ce n’est pas 'faire mieux' que d’autres, ni faire barrage. C’est d’être capable de lever une espérance de victoire." Les deux hommes disposent de réseaux similaires, le socialiste a discuté avec Laurent Berger en février - le leader de Place publique aimerait faire de l’ancien patron de la CFDT son Premier ministre. Les deux ont une stratégie de prédation identique, aussi : "L’objectif devrait être d’attirer dès le premier tour le centre et une majorité républicaine au second", explique Hollande.

Alors heureusement que l’ancien président peut compter sur la bienveillance de ses amis… "La prochaine présidentielle, ce n’est pas encore ton combat, ne t’abîme pas là-dedans", répète Cambadélis à Glucksmann, ainsi qu'à tous ces jeunes ambitieux. Place aux anciens. Si tel était le cas, François Hollande a déjà quelques idées. "Je ne ferais pas aujourd’hui le même discours qu’au Bourget, assure-t-il. Il y a quelque chose de plus menaçant dans le capitalisme, c’est le défi des GAFA : c’est une bascule dans l’histoire de l’humanité, ces forces qui prétendent nous remplacer". Mise à jour. Ils ont un nom, un visage, pas de parti, ils ne présenteront jamais leur candidature, ils ne seront donc jamais élus, et pourtant ils gouvernent. Ces adversaires, c’est le monde des GAFA. Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?




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