Добавить новость
ru24.net
World News
Май
2026
1 2 3 4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

En quoi le rap réinsère-t-il les délinquants?

0

Concerts et « ateliers » de rap ont été annulés ou fortement réduits en prison, à la suite d’un durcissement de la politique pénitentiaire initié en 2025 par Gérald Darmanin. Le but, supprimer les activités jugées ludiques ou « provocantes », apprend-on dans un reportage du journal Le Monde. Mais, les progressistes un peu angéliques alertent sur les conséquences de cette nouvelle orientation: «Assumons que la prison n’est que punition et que le détenu qu’on envoie en prison ne sera jamais réinséré» se plaignent-ils.


L’animateur de Skyrock Fred Musa et l’ancien trafiquant et producteur de musique Mouloud Mansouri, de l’association FU-JO, n’ont pas vu leur contrat renouvelé par l’administration pénitentiaire, au motif que « des concerts et des ateliers de rap ont été jugés inutiles en prison. » Cette annulation semble évidente pour le commun des citoyens, dont le bon sens est choqué par l’inadaptation totale de ces exercices au régime carcéral, même le plus bienveillant. Pourtant, dans le climat d’humanisme lénifiant qui continue de prospérer au sein d’une partie du monde judiciaire, politique et médiatique, des voix ne manqueront pas de s’élever pour dénoncer cette suppression.

Progressisme délétère

Parce que le syndrome d’une mauvaise conscience frappe encore certains esprits qui, implicitement, ont du mal à admettre qu’entre les détenus et eux, il existe une différence fondamentale: les premiers ont été coupables et condamnés, quand eux sont innocents.

Cette absurdité continue de justifier un progressisme délétère, dont le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a pris la mesure pour mener une politique inverse. Pour lui, « il est hors de question de proposer des activités ludiques qui choquent l’ensemble de nos concitoyens… d’où l’obligation de mettre fin à toutes les activités jugées ludiques ou provocantes ». Il entend ne privilégier que « le soutien scolaire, l’apprentissage et l’enseignement de la langue française, le travail ou le sport ».

A lire aussi: Carnet de bord d’une gauche déboussolée

Qui a pu penser qu’un genre comme le rap, dont les textes n’expriment pas forcément une exigence intellectuelle et sociale, pourrait avoir la moindre incidence sur l’avenir des détenus libérés? Qui a été assez irénique pour imaginer qu’il pourrait lutter contre la récidive et faire émerger un sens de l’honnêteté là où régnait la malfaisance?

Dérive française

Avec cette réflexion, nous ne quittons pas le domaine politique et social. Nous sommes même, si j’ose dire, au cœur d’une dérive française qui affecte toutes les institutions et les services publics. Comme les pouvoirs, de droite comme de gauche, ne savent plus comment les rendre performants dans leur mission essentielle voire exclusive, en assurant et en renforçant les fondamentaux qu’ils ont à transmettre et à faire respecter, ils se détournent de l’essentiel.

Faute de réussir au centre, ils s’égarent à la périphérie. La prison échoue dans sa mission première, mais on y fait du rap. L’école est en chute libre, mais on y multiplie les divertissements et les activités sans rapport avec sa vocation. La culture ne sait plus être populaire, et l’on surabonde en programmes obscurs ou vulgaires.

A lire aussi: Quand le rap franchit la limite pénale

Cette déliquescence a des effets redoutables. À force d’accumuler une multitude de substituts à la réalité – qu’il aurait fallu affronter autrement, avec plus de rigueur, d’intelligence et de constance – on a fini par créer une infinité d’illusions. Chez le détenu, d’abord, qui finit par considérer que la prison devrait lui offrir un mode de vie adouci ; trop pour le détourner, demain, des crimes et des délits. La morale et le réalisme imposent que l’enfermement soit plus rude que la liberté! Chez les responsables politiques, ensuite, enclins à faire preuve de libéralisme au détriment des Français et au prix de leurs souffrances, qui devront constater que tous les laxismes et les facilités accordés dedans sont autant d’incitations à transgresser dehors.

Sera-ce suffisamment pédagogique pour mettre à bas les poncifs : « la prison, école du crime », « la société est coupable », « la nature humaine est bonne »? On peut toujours l’espérer. Le responsable de l’une des associations visées par ce recentrage pénitentiaire s’est d’ores et déjà désolé, redoutant qu’on en vienne à dire que « les détenus s’amusent ». Poursuivre dans le même registre ne pouvait en effet que nourrir ce sentiment. Admettons que la prison doit d’abord être utile à tous ceux qui n’y sont pas.

L’article En quoi le rap réinsère-t-il les délinquants? est apparu en premier sur Causeur.




Moscow.media
Частные объявления сегодня





Rss.plus
















Музыкальные новости




























Спорт в России и мире

Новости спорта


Новости тенниса