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Ноябрь
2025

La Chine à l'assaut du câble HDMI : les coulisses d'une bataille géopolitique

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Derrière le câble qui relie nos box et nos consoles à nos téléviseurs, un bras de fer a débuté. La Chine a décidé de s’attaquer à la suprématie d’un standard occidental : la prise HDMI. Ce connecteur a été créé en 2002 par un groupe d’industriels japonais (Hitachi, Panasonic, Sony, Toshiba), européens (Philips, Thomson-RCA devenue Vantiva) et américain (Silicon Image, aujourd’hui Lattice Semiconductors). Sur le plan technique, ce consortium a fait disparaître la forêt de câbles derrière nos postes. Sur le plan économique, c’est autre chose : un système très verrouillé.

Pour utiliser le standard HDMI, un fabricant d’appareils électroniques doit payer des frais fixes annuels de 5 000 à 10 000 dollars et verser quelques centimes par appareil vendu. La redevance de base est de 0,15 dollar par produit, réduite à 0,05 dollar si le logo HDMI apparaît sur l’appareil - voire à 0,04 dollar s’il a un système de chiffrement Intel pour limiter la copie illégale de films et séries.

Autrement dit, chaque télé, chaque console, chaque lecteur qui sort d’une usine paie son obole au club HDMI. Quand on sait qu’en 2024, il s’est vendu environ 230 millions de téléviseurs dans le monde, un peu plus que l’année précédente, cela finit par faire une belle rente. Le paysage a toutefois changé. Samsung reste le numéro un, mais les chinois TCL et Hisense ont pris les deuxième et troisième places, reléguant LG au quatrième rang. Surtout, 84 % des téléviseurs sont désormais fabriqués en Chine. Le marché se polarise entre volumes de masse à bas prix, dominés par les marques chinoises, et segment premium (OLED, MiniLED, 8K) où Coréens et Chinois se livrent une bataille frontale.

Les industriels sud-coréens n’ont jamais remis en cause le standard HDMI. Mais la Chine, elle, a décidé d’en découdre. En 2025, une alliance d’entreprises basée à Shenzhen a lancé un nouveau standard baptisé GPMI. Pour l’utilisateur, la promesse est séduisante. Il gère l’ultra haute définition (8K), fait passer deux fois plus de données que le HDMI et peut alimenter un écran ou un PC. Sur le papier, le GPMI prétend remplacer à la fois les technologies HDMI, DisplayPort, USB-C et même Thunderbolt. Autrement dit, un câble unique pour la télé, l’ordinateur, la console et le casque de réalité virtuelle.

Ecrire les règles du jeu

Mais le vrai changement est économique. GPMI ne fonctionne pas sur un modèle de redevances. Le standard est géré par une cohorte d’industriels chinois - Huawei, TCL, Hisense, BOE et une cinquantaine d’autres. Ils mettent leurs brevets en commun et organisent le partage de la valeur entre eux. L’objectif ? Permettre à la filière chinoise de réduire son écot aux standards occidentaux mais contrôler aussi les prochains cycles de produits électroniques.

Cette stratégie s’inscrit dans la doctrine China Standards 2035 : passer du statut de pays qui subit les règles du jeu à celui de pays qui les écrit. Depuis la fin des années 2010, la Chine envoie de plus en plus d’experts dans les grands organismes internationaux de standardisation, discute chaque virgule et pousse ses propositions. Malgré cette offensive, la Chine reste aujourd’hui un importateur net de propriété intellectuelle. En 2023, le pays a versé environ 46 milliards de dollars de royalties à l’étranger, pour seulement 8 milliards encaissés. L’écart est important, et les autorités chinoises reconnaissent elles-mêmes que les paiements vers les États-Unis augmentent rapidement.

La guerre GPMI contre HDMI illustre donc un affrontement beaucoup plus large. Du côté occidental, l’économie de l’immatériel, qui a progressivement séparé la conception de la production, en externalisant la fabrication vers l’Asie tout en conservant la propriété intellectuelle, a parfois dérivé vers une économie de la dîme, où quelques consortiums vivent de petits pourcentages sur chaque produit. Du côté chinois, l’immatériel n’est pas dévalorisé, il est subordonné : on brevette et on normalise pour verrouiller les futures générations de biens manufacturés qui seront exportés en masse. GPMI n’est pas qu’une histoire de câble. C’est le symbole d’un pays qui ne se contente plus de fabriquer les produits des autres, mais veut écrire les règles techniques auxquelles le monde devra se plier.

RobinRivatonest directeur général deStonalet membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol)




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