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Face au péril climatique, l'écrivain indien Amitav Ghosh écrit pour demain

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Régulièrement cité dans la liste des "nobélisables", l'auteur renoue avec la tension narrative qui caractérise son œuvre, mêlant angoisse existentielle face à la catastrophe écologique en cours et détermination à ne pas céder au désespoir. 

"Malheureusement, au lieu de changer de cap, nous fonçons à toute allure vers l'abîme", déplore Amitav Ghosh lors d'un entretien accordé à l'AFP à New Delhi. "C'est comme si les gens avaient perdu la raison", souligne le prix Médicis étranger en 1990 pour "Les Feux du Bengale".

Dans "Le grand dérangement" (2021), qui explore le changement climatique, et "Ghost-Eye", à paraître en 2026, il décrit la course effrénée de l'humanité vers la catastrophe, de la déforestation à l'extinction des espèces. 

"Nous fonçons sur cette voie de l'extractivisme", regrette cet anthropologue diplômé de l'université britannique d'Oxford. "Les politiques ont complètement adopté la rhétorique du greenwashing, ils sont devenus très habiles".

Sous son tempérament doux et affable, il enrage contre les Etats-Unis climatosceptiques mais aussi contre l'Europe, qui selon lui "ne fait qu'investir dans l'armement", et contre l'Asie.
"Tout s'effondre"
Amitav Ghosh fulmine contre ceux qui traitent la Terre comme une ressource inerte plutôt qu'un monde vivant.

Né à Calcutta, celui qui se décrit comme "d'un tempérament enjoué", refuse "d'écrire uniquement sur un ton désespérément tragique". "Il faut essayer de saisir les petites joies que le monde offre", note-t-il.

Parmi celles-ci, ses rencontres, chaque semaine, avec son petit-fils de neuf mois.

C'est à lui qu'il pense en rédigeant l'ouvrage qu'il destine à la "bibliothèque du futur", un ensemble d'œuvres inédites qui ne pourront pas être lues avant 2114.

"Je pense que ce que je finirai par faire, c'est écrire une lettre à mon petit-fils ", confie-t-il, évoquant "plusieurs tentatives" de brouillon.

Autrefois, "les jeunes demandaient à leurs parents +que faisiez-vous pendant la guerre ?+", se souvient le sexagénaire. "Je pense que la génération de mon petit-fils demandera +que faisiez-vous pendant que le monde brûlait ?+"

Amitav Ghosh doit soumettre cette année son manuscrit dans le cadre du projet de bibliothèque du futur à Oslo, lancé en 2014 et qui rassemblera 100 écrits inédits de différents auteurs, comme Margaret Atwood, Han Kang ou encore Elif Shafak.

" C'est un défi extrêmement difficile", relève-t-il, car ses lignes ne seront lues quand son petit-fils sera plus âgé qu'il ne l'est en les écrivant et que le monde "ne ressemblera en rien" à celui d'aujourd'hui.

Quand "nous voyons à quelle vitesse tout s'effondre autour de nous", dit l'écrivain, "je n'arrive pas vraiment à croire" que le modèle "dont nous dépendons survivra jusqu'au XXIIe siècle".
"Anxiété extrême"
Ce changement alimente les peurs des jeunes générations, et nourrit la "politique de plus en plus dysfonctionnelle", estime l'auteur, qui a reçu en 2024 le prix Erasme aux Pays-Bas pour son œuvre sur la crise climatique.

"Elles voient leurs horizons s'effondrer autour d'elles", ce qui génère à ses yeux "une anxiété extrême" qui alimente "d'un côté l'émergence de mouvements de droite nourris par la nostalgie du passé" et, de l'autre, "une forme de désespérance à gauche".

L'auteur des titres "Les lignes d'ombre" (1992), "Le chromosome de Calcutta" puis de la trilogie de l'Ibis, publiée entre 2008 et 2015, sur la culture du pavot et les guerres de l'opium en Chine au XIXe siècle, se garde de surestimer la capacité de la littérature à changer l’histoire.

"En tant qu'écrivain, ce serait vraiment vain (...) d'imaginer que nous pouvons changer les choses dans le monde", estime Amitav Ghosh, tout en admettant que de jeunes militants lui disent être "galvanisés" par ses livres.

Il continue donc inlassablement d'écrire, en pensant que ces mots peuvent inspirer d'autres manières de penser.

"Nous devons restaurer des voies alternatives, des façons de penser le monde (...) de reconnaître que c'est un monde rempli de mystère", selon lui. "Le monde est bien, bien plus étrange que nous ne l'imaginons".




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