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Collision ferroviaire en Espagne : la rupture d'un rail avant l'accident, hypothèse privilégiée

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Le drame s'est produit lorsque les trois dernières voitures d'un train allant de Malaga à Madrid ont déraillé, se déportant sur la voie voisine quelques secondes avant l'arrivée en sens inverse d'un autre train, produisant un choc à plus de 200 km/heure.

Le premier train appartient à l'opérateur Iryo, une société détenue majoritairement par le groupe italien Trenitalia, et le deuxième à la Renfe, la compagnie ferroviaire publique espagnole.

Le rapport d'enquête préliminaire publié vendredi semble ainsi pointer du doigt des "entailles" repérées sur les roues situées du côté droit des voitures du train Iryo qui n'ont pas déraillé.

"Ces entailles sur les roues et la déformation observée sur la voie sont compatibles avec le fait que la voie aurait été fracturée", écrit la Commission d'Enquête sur les Accidents ferroviaires (CIAF), organisme officiel dépendant du ministère des Transports.

"D'après les informations disponibles à ce stade, on peut formuler l'hypothèse que la rupture du rail s'est produite avant le passage du train Iryo accidenté et donc avant son déraillement", poursuivent les enquêteurs.

Ils soulignent toutefois qu'il ne s'agit que d'une "hypothèse de travail" qui "devra être corroborée par des calculs et des analyses détaillés ultérieurs".
Aucune hypothèse écartée
"En ce qui concerne les causes de la rupture du rail, aucune hypothèse n'est écartée", insistent-ils.

Les enquêteurs indiquent également que des encoches semblables ont été découvertes sur les roues de trois autres trains qui étaient passés au même endroit peu avant le drame.

La cassure de la voie se serait produite au niveau "d'une soudure entre deux tronçons" de celle-ci, estiment-ils.

Vendredi après-midi, le ministre des Transports Óscar Puente a évoqué en conférence de presse ces premières hypothèses, en insistant sur le caractère conditionnel de ces informations.

"Nous ne savons pas encore ce qui s’est passé, nous avons une thèse plausible. Nous verrons si c’est la définitive, ne nous précipitons pas", a ainsi martelé Óscar Puente.

"L’hypothèse" de la "rupture du rail" apporte "une certaine tranquillité", a-t-il estimé, détaillant les différents travaux de contrôle du rail et énumérant date par date les remises en état et inspections des services de maintien de la voie ferrée.

Cette fracture du rail "a dû être (...) légère et minime", a-t-il commenté. Il n'y a eu "à aucun moment une coupure du courant qui traverse le rail et qui aurait automatiquement activé les systèmes d’alarme" et interrompu la circulation.

L'hypothèse d'un acte de sabotage a été écartée dès le départ par le gouvernement.

La publication du rapport définitif sur les causes de la tragédie n'est pas attendue avant plusieurs mois.
Reprise du trafic
Le transport ferroviaire espagnol a connu une semaine noire.

Mardi, un conducteur d'un train de banlieue est mort en Catalogne, lorsqu'un mur de soutènement s’est effondré sur sa cabine, vraisemblablement à cause des fortes pluies.

Après deux journées d’arrêt, les 400.000 usagers quotidiens du réseau catalan ont pu remonter vendredi dans les trains, non sans difficultés : à deux reprises, le trafic a été interrompu en des points précis, une fois en raison d'un vol de câble et une autre à cause d’un glissement de terrain sur la voie.

Les conducteurs ont appelé à une grève pour protester contre le manque de sécurité sur le réseau les 9, 10 et 11 février.




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