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Le budget en voie d'adoption définitive lundi, Lecornu déjà sur l'après

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Sébastien Lecornu, qui sera au banc de l'Assemblée nationale pour l'examen de ces motions à partir de 17H00, a lui déjà tourné la page, désireux de se projeter sur des projets "réalistes", sa marge de manoeuvre restant réduite par l'absence de majorité.

"Il faut savoir terminer une crise politique", avait déjà affirmé il y a dix jours le Premier ministre.

En dépit de sa promesse faite aux socialistes d'y renoncer, le chef du gouvernement aura dégainé trois 49.3 (sur la partie recettes, la partie dépenses puis le texte définitif) pour faire passer sans vote le budget, sur lequel les députés ne sont pas parvenus à s'accorder, tant il reste un marqueur d'opposition ou de soutien au gouvernement.

Après le dernier recours vendredi à l'article 49.3 de la Constitution par M. Lecornu, deux motions de censure sont examinées lundi, l'une déposée par le Rassemblement national, l'autre par la gauche hors PS.

Leur rejet vaudra adoption définitive du budget, que le gouvernement a largement négocié avec les socialistes pour obtenir un compromis et éviter qu'ils ne le censurent.
"Embrouille"
Le budget de la Sécurité sociale a pu, lui, être adopté par un vote en décembre, grâce aux socialistes qui avaient voté "pour", en échange de la suspension de l'emblématique réforme des retraites.

Le coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard et la députée écologiste Sandrine Rousseau ont encore mis la pression dimanche sur les socialistes pour qu'ils votent la censure.

Mme Rousseau les a appelés à "ne pas oublier" qu'ils sont "dans l'opposition", tandis que Manuel Bompard, estimait que le budget "obtenu" par les socialistes "c'est de l'embrouille" et ne voyait "plus vraiment ce qu'il y a de gauche" dedans.

Les députés PS, dans leur immense majorité, n'ont de fait pas voté en faveur des dernières motions de censure de la gauche non PS, qui ont obtenu 269 et 267 voix, sur les 288 et 289 nécessaires pour aboutir.

Pour Marine Le Pen, qui appelle aussi à faire tomber le gouvernement, Sébastien Lecornu "a sorti le carnet de chèques des Français" pour "acheter le PS" et "l'aggravation du déficit (...) va être la conséquence". "Tout le monde paye pour que M. Lecornu reste en place", a-t-elle déploré samedi en Moselle.
"Ajustement"
Du côté de la coalition présidentielle, les choix budgétaires de M. Lecornu laissent un goût amer, alors que plusieurs de ses soutiens de la droite et du centre craignent que la promesse d'un déficit à 5% du PIB ne puisse pas être tenue.

Les entreprises montent aussi au front, déplorant dans La Tribune dimanche une pression fiscale trop importante et un épisode budgétaire "calamiteux" qui "aura fissuré la confiance" avec le monde politique. Sébastien Lecornu recevra lundi le président de la CPME Amir Reza-Tofighi.

"Soulagé" que la France puisse avoir un budget, l'ancien président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, estime qu'il ne met pas la France "sur le bon rythme" de réduction des déficits.

"C'est un budget de stabilité avant tout", selon la ministre Horizons des Outre-mer, Naïma Moutchou. Sébastien Lecornu a "essayé de faire au mieux", a résumé l'ex socialiste Bernard Cazeneuve sur BFMTV.

Après cette séquence qui l'aura monopolisé pendant quatre mois, le Premier ministre souhaite passer à autre chose mais réfute tout "immobilisme" à quinze mois de la présidentielle.

Il assure qu'il n'est "pas candidat" à l'Elysée et recommande à ses ministres à se tenir "éloignés" de ce scrutin, qui occupera tous les débats après les municipales.

Il recevra à cet égard mardi son ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui a fait savoir récemment qu'il réfléchissait à se présenter en 2027, alors qu'il doit prochainement procéder à un "ajustement" gouvernemental après le départ annoncé de sa ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à Paris.

D'ici là, il invite ses ministres à se concentrer sur "l'essentiel", "notre indépendance" en matière militaire, agricole ou énergétique. Sont attendus notamment une actualisation de la loi de programmation militaire, un projet de loi "d'urgence" agricole et la publication de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), ainsi que les textes sur la Nouvelle Calédonie ou encore la fin de vie.




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