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L’heure des pro-pal

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Le 30 septembre 2000, France 2 diffuse un reportage présentant la mort du petit Mohamed al-Durah sous les balles de Tsahal à Gaza. Ce scoop mondial est une aubaine pour les ennemis d’Israël, qui l’exploitent ad nauseam depuis vingt-cinq ans pour leur propagande antisémite. Mais incohérent et tronqué, il a aussi suscité les doutes de nombreux observateurs. Si l’un d’eux, Philippe Karsenty, a été condamné pour diffamation, la chaîne publique n’a toujours pas prouvé la véracité de ses images.


Un journaliste de gauche ne peut pas se tromper. Et encore moins mentir. Surtout quand il raconte comment les soldats de l’État juif tuent des enfants palestiniens. Le 30 septembre 2000, alors que l’intifada Al-Aqsa enflamme la bande de Gaza, France 2 diffuse un reportage de son correspondant en Israël, Charles Enderlin, semblant montrer la mort d’un enfant dans les bras de son père. Les images, tournées par le caméraman palestinien Talal Abu Rahma, ont été montées par Enderlin à Jérusalem. Assorties d’un commentaire explicite : l’enfant et son père ont été « la cible de tirs venus de la position israélienne ». En clair, ce n’est pas une bavure, mais un assassinat. Ce que Talal Abu Rahma confirmera en déclarant sous serment que « l’armée israélienne a tué l’enfant et blessé le père intentionnellement et de sang-froid ». C’est connu, les juifs se repaissent du sang des enfants – chrétiens hier, palestiniens aujourd’hui.

Ce 30 septembre, le caméraman propose aussi ses images à CNN qui décline – par prudence ? Enderlin, lui, ne doute pas. Pourquoi le ferait-il dès lors que la mort de l’enfant accrédite le récit canonique des médias progressistes : des soldats surarmés massacrant des civils sans défense. Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé. Pierre-André Taguieff, qui revisite la polémique dans notre dossier, observe que ce récit simpliste est « conforme aux attentes idéologiques du public et de certains politiques ».

C’est un scoop planétaire. Le « petit Mohamed » est le visage de l’innocence détruite par la barbarie israélo-juive. Le 12 octobre, deux soldats israéliens égarés à Ramallah sont lynchés aux cris de « Vengeance pour Al-Durah ! ». Dans le monde arabe, les mains ensanglantées que leur assassin a présentées à la foule en liesse sont un symbole de gloire. On donne le nom de l’enfant à des rues, des places, des écoles, on imprime son visage sur des timbres. Daniel Pearl est décapité devant son effigie.

Très vite, des doutes apparaissent quant à la véracité du reportage. Des enquêtes révélant plusieurs incohérences paraissent en Israël, en Allemagne, aux États-Unis. En France, l’homme d’affaires et publiciste Philippe Karsenty se lance, avec quelques autres, dont notre regretté ami Luc Rosenzweig, dans un long combat contre ce qu’il qualifie de « supercherie médiatique », sur lequel il revient pour nous. On le traite de fou, de complotiste, d’agent. Karsenty est entêté, habité, exalté. Et en prime, trumpiste ! Ça ne fait pas de lui un affabulateur. Mais une fois le messager discrédité, on se fait un honneur de ne pas écouter le message. Les défenseurs du grand-journaliste-Enderlin refusent tout net d’examiner le dossier où Karsenty recense, expertises et témoignages à l’appui, nombre de bizarreries qui devraient conduire tout observateur honnête à s’interroger.

De ces apparentes arguties sur les taches de sang ou les trajectoires balistiques, émerge cependant une vérité admise par tous les acteurs. Le reportage sur la mort d’un enfant ne contient pas les images de la mort de l’enfant. Abandonnant sa première ligne de défense – des salauds veulent attenter à mon honneur, à moi la garde médiatique ! –, Enderlin explique dans Télérama qu’il a coupé l’agonie car c’était « insoutenable ». Quelle délicatesse. À ce stade, il suffirait de produire les secondes manquantes, celles où on voit l’enfant mourir, pour clouer le bec des fauteurs de lèse-journalisme. France 2 préfère poursuivre Karsenty en diffamation, avec ce brillant résultat que 30 secondes diffusées sur France 2 sont, neuf ans durant, scrutées, disséquées, contestées sur la place publique, nourrissant malgré tout le doute raisonnable. Tout au long de ce manège judiciaire analysé par Gilles-William Goldnadel et Aude Weill-Raynal dans notre dossier, les 27 minutes de rushes sont l’Arlésienne, dont on parle tout le temps mais qu’on ne voit jamais.

Ensuite, on entre dans le domaine des hypothèses : la mienne est que Charles Enderlin s’est fait balader par son caméraman et ses images made in Pallywood, et qu’ensuite plutôt que de reconnaître une erreur, il a joué les vierges outragées. C’est certainement à l’insu de son plein gré qu’il a donné un écho mondial à des images trompeuses, alimentant le feu antijuif. C’est volontairement qu’il a ensuite préféré sa réputation à la vérité.

Pourquoi ressortir cette histoire vieille de vingt-cinq ans ? Qu’est-ce que ça change alors que, depuis, l’armée israélienne a tué des centaines d’enfants dans sa guerre contre le Hamas ? La raison est que le cas Al-Durah est doublement paradigmatique.

Tout d’abord, il accommode à la sauce de l’information planétaire une constante immémoriale de l’antisémitisme : l’accusation de crime rituel, dont Michaël Prazan rappelle dans notre magazine qu’elle apparaît dans l’Antiquité avant d’être à toutes les époques et sous tous les cieux le prétexte d’effroyables pogromes. Dans la « démonologie antijuive » également explorée par Taguieff, le soldat israélien est le continuateur du monstre buveur de sang. Et contre les monstres, tout est permis, y compris le 7-Octobre. Ajoutons qu’en 2000, le grand basculement qui voit les juifs passer du statut de victimes à celui de bourreaux atteint son acmé à Durban[1]. On ne déteste plus les juifs par racisme, mais comme racistes, résume alors en substance Alain Finkielkraut. Catherine Nay confirme en déclarant que l’image de Mohamed « efface, annule » celle de l’enfant juif du ghetto de Varsovie tenu en joue par des SS. Au moins c’est clair.

Devenue l’affaire Enderlin, l’affaire Al-Durah est aussi un cas d’école du fonctionnement du parti des Médias qui se dresse comme un seul homme contre quiconque menace l’intérêt supérieur du Parti. Les antidreyfusards et les communistes ne pensaient pas différemment. Le gratin de la profession fait assaut de bonne conscience en bande organisée et corps autour d’Enderlin, victime d’une infâme campagne de dénigrement. Vingt-cinq ans après, ils n’en démordent pas. Toujours incapable d’envisager qu’Enderlin ait pu se tromper, Claude Askolovitch refuse cependant de relancer les hostilités, préférant évoquer un enfant concret dans nos pages. Un enfant qui n’est peut-être pas mort le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim.

Devant la représentation nationale, les responsables de la télévision publique proclament leur attachement à la neutralité et promettent une parfaite transparence sur leurs pratiques. Chiche ! Qu’ils demandent à une commission indépendante de se prononcer sur l’authenticité du reportage Al-Durah. Quand un mensonge répété des milliers de fois est devenu une vérité, il est sans doute trop tard pour convaincre le plus grand nombre. Pas pour savoir.


[1] Réunion de l’ONU contre le racisme qui a tourné au festival antisémite.

L’article L’heure des pro-pal est apparu en premier sur Causeur.




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