Добавить новость
ru24.net
World News in French
Март
2026
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Gaza, le Liban et la guerre révélée

0

L’armée israélienne a encore mené, dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes aériennes visant notamment des positions du Hezbollah à Beyrouth ainsi que dans le sud du Liban, à Saïda. Selon les autorités israéliennes, ces opérations ciblaient plusieurs sites stratégiques du groupe armé, proxy iranien bien connu. D’après le gouvernement libanais, ces bombardements ont fait au moins douze morts et 41 blessés. Malgré l’émotion, il faut voir au-delà de ces drames, analyse Charles Rojzman.


Ils ont regardé Gaza comme on regarde une plaie ouverte : avec horreur, avec fascination, avec cette mauvaise conscience qui tient lieu aujourd’hui de pensée. Ils ont regardé les ruines, les immeubles éventrés, les enfants extraits de la poussière comme des statues brisées, et ils ont cru voir là le cœur du monde. Mais Gaza n’était pas le cœur. Elle était le théâtre.

Un théâtre de pierres et de sang, offert à la liturgie morale d’un Occident qui ne croit plus en rien sinon à la sainteté de la victime, et qui confond désormais la vérité avec l’émotion. Car pendant que leurs regards se fixaient sur ce rectangle de misère, pendant que leurs consciences s’y agenouillaient, la guerre, la vraie, poursuivait ailleurs son travail lent, obscur, patient. À Téhéran.

L’empire invisible

Téhéran n’est pas seulement une capitale. C’est une volonté. Une volonté longue, enracinée, nourrie d’humiliation et de revanche, portée par une foi politique qui ne sépare pas le sacré du pouvoir. Depuis plus de quarante ans, la République islamique avance comme avancent les empires anciens : sans bruit inutile, sans gestes spectaculaires, avec la patience de ceux qui savent que le temps travaille pour eux.

Elle n’a pas cherché la guerre frontale. Elle l’aurait perdue. Elle a inventé autre chose. Une guerre sans visage. Une guerre sans centre. Une guerre disséminée.

L’anneau de feu

Au Liban, le Hezbollah s’est imposé — non pas comme une milice, mais comme une armée clandestine devenue puissance, disciplinée, fanatique, équipée comme un État, tournée vers un seul horizon : la destruction. À Gaza, le Hamas — plus fragile, mais infiniment plus utile. Car Gaza n’est pas seulement un territoire : c’est une image. Une image qui circule, qui accuse, qui condamne. Et puis, plus loin, les milices irakiennes, les relais syriens, les Houthis. Une constellation de forces, dispersées en apparence, unifiées en profondeur. Ils ont appelé cela « l’axe de la résistance ». C’est un mot pauvre. C’est un encerclement.

A lire aussi, Patrick Atlan: Un si petit pays

La guerre sans nom

Ce qui s’est construit là ne correspond à rien de connu. Ce n’est pas la guerre. Ce n’est pas la paix. C’est une guerre sans nom. Israël frappe en Syrie. Le Hezbollah répond. Le Hamas embrase Gaza.
Des milices attaquent ailleurs. Chaque événement semble isolé. Rien ne l’est. Une cohérence existe, mais elle ne se donne pas à voir. Elle agit dans la durée, dans la répétition, dans l’usure. Il ne s’agit pas de vaincre. Il s’agit d’épuiser.

Le moment de la déchirure

Mais les guerres invisibles ne le restent jamais. Il vient un moment où l’ombre se fissure. Ce moment est là. Les frappes deviennent plus directes. Les ripostes moins dissimulées. Les lignes apparaissent. L’Iran ne se contente plus d’agir par relais. Il apparaît. Et avec lui, la réalité d’un affrontement ouvert.

Gaza ou la religion occidentale

Et pourtant, ils continuent de regarder Gaza. Toujours Gaza. Comme si tout se jouait là. Comme si le reste n’existait pas. Car Gaza correspond à ce qu’ils sont devenus incapables de dépasser. Ils ont fait de la victime leur dernière croyance. Non pas une réalité humaine tragique — mais une figure sacrée. Celui qui souffre a raison. Celui qui frappe a tort. Le monde se simplifie. Le réel disparaît. Gaza leur donne ce qu’ils cherchent : de la souffrance visible, immédiate, incontestable. Mais cette visibilité les aveugle. Car ce qu’ils regardent n’est pas le centre. C’est la scène.

Le Liban ou l’attente de la catastrophe

Au nord, le Liban tient. Ou plutôt, il ne tient plus vraiment. Il attend. Le Hezbollah y est installé comme une force en veille, prête à transformer la guerre diffuse en guerre totale. Chaque échange de tirs contient une promesse d’embrasement. Le Liban n’est plus un pays. C’est une fracture.

Au-delà de Téhéran

Mais même Téhéran ne suffit pas à comprendre. Car derrière l’Iran, d’autres avancent. La Russie, avec sa brutalité froide, son art de désorganiser, de fragmenter, de maintenir le chaos utile. La Chine, plus silencieuse encore, plus patiente, qui ne frappe pas mais s’installe, qui ne détruit pas mais remplace, qui prépare un monde où l’Occident ne serait plus qu’un souvenir. La Russie affaiblit. La Chine redessine. L’Iran agite. Ce n’est pas une alliance. C’est une convergence. Et cela suffit.

Le miroir

Alors le miroir de Téhéran apparaît. Et ce qu’il reflète n’est pas seulement une guerre. C’est une cécité. Ils voient des victimes. Ils ne voient pas les stratégies. Ils voient des ruines. Ils ne voient pas les structures. Ils voient Gaza. Ils ne voient pas Téhéran. Et derrière Téhéran, ils ne voient rien encore. Car ce qui s’avance n’a pas encore de nom clair. Un monde plus dur.
Moins lisible. Moins moral. Un monde où leur langage ne suffit plus. Et c’est peut-être cela qui se joue, au fond. Non pas seulement une guerre. Mais la fin d’un regard. La fin d’un monde qui croyait encore comprendre ce qu’il regardait.

L’article Gaza, le Liban et la guerre révélée est apparu en premier sur Causeur.




Moscow.media
Частные объявления сегодня





Rss.plus
















Музыкальные новости




























Спорт в России и мире

Новости спорта


Новости тенниса