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États-Unis : Donald Trump revoit sa stratégie migratoire et s’attire les critiques de son camp

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C'est une évolution qui est loin de faire consensus au sein de sa base. Selon les informations du Wall Street Journal, le président américain Donald Trump a demandé à ses conseillers de revoir la manière dont sa promesse phare de "déportation massive" des migrants en situation irrégulière est mise en œuvre et présentée. Estimant que cette expression a été mal perçue par certains de ses électeurs, le dirigeant souhaiterait désormais mettre davantage l’accent sur l’arrestation de criminels plutôt que sur des opérations spectaculaires générant du désordre dans les villes, à l'image de celle de Minneapolis.

Cette volonté de réajuster la politique migratoire est en partie portée par sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, qui juge que la gestion actuelle de l’immigration a transformé un thème fort de la présidence en un sujet politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat. Le "tsar" des frontières, Tom Homan, a également remplacé le chef du Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), Greg Bovino, à Minneapolis. Considéré comme une voix relativement modérée sur ces sujets, ce dernier privilégie depuis son arrivée en poste des interventions plus classiques, ciblant en priorité des individus ayant commis des infractions, notamment ceux transférés par les prisons locales. Résultat : le rythme des arrestations a légèrement diminué, passant à environ 1 200 par jour, contre plus de 1 500 lors des opérations intensives menées précédemment dans le Minnesota.

Une coalition pro-déportation

"Il n’y a aucun changement dans la politique de fond en matière d’immigration. La priorité du président Trump reste l’expulsion des étrangers en situation irrégulière qui représentent un danger pour les Américains", a néanmoins soutenu la porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson. Car les alliés les plus proches du président Donald Trump critiquent vertement ce qu'ils estiment être une volte-face. Une nouvelle coalition "pro-déportation", regroupant des figures pro-Trump, des organisations et des experts favorables à une politique migratoire stricte, s’est ainsi constituée, ayant pour objectif de pousser l’exécutif à reprendre une politique d’expulsions massives visant tous les migrants expulsables.

Afin d’appuyer cette stratégie, le groupe s’appuie sur un sondage réalisé par McLaughlin & Associates, un institut proche de Trump, selon lequel une majorité d’électeurs soutient ce type de mesures et y verrait un levier électoral pour les républicains. Les résultats avancés indiquent qu’environ deux tiers des électeurs potentiels approuvent l’expulsion de toute personne entrée illégalement sur le territoire, et qu’une majorité soutient l’idée d’élargir les expulsions au-delà des seuls criminels, rapporte Politico. Dans cette perspective, cibler uniquement les criminels violents constitue pour cette coalition une erreur stratégique déjà tentée sous d’autres administrations, notamment celles de Barack Obama, et jugée inefficace. "Pour mobiliser leur électorat, les républicains doivent continuer à mettre en avant les promesses de Donald Trump, notamment celle des déportations massives", a notamment déclaré Rosemary Jenks, cofondatrice d’un groupe conservateur spécialisé sur l’immigration, cité par le Wall Street Journal.

Une politique trop sévère

A l'inverse, d'autres sondages, sur lesquels s'appuient les partisans de la nouvelle stratégie, dessinent un tableau plus nuancé de l’opinion publique. Une enquête Washington Post/ABC News a notamment révélé que 58 % des personnes interrogées estiment désormais que Donald Trump va trop loin, contre 48 % quelques mois auparavant. Une part importante des Américains juge aussi les politiques actuelles trop sévères, et certains élus républicains, notamment parmi les Hispaniques, craignent que cette fermeté n’éloigne des électeurs qui avaient soutenu Donald Trump. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a lui-même reconnu des "tensions" et évoqué un ajustement en cours.

Du côté des démocrates et des défenseurs des immigrés, le scepticisme demeure tout de même. Eux doutent d’un véritable changement tant que certaines figures clés restent influentes, comme Stephen Miller, l’un des architectes principaux de la ligne dure de l’administration Trump sur l’immigration.




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