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Le « Projet du Parti socialiste » : toujours moins de liberté, toujours plus d’Etat

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Les socialistes n’ont donc rien appris !  Leur projet de socialisme pour le XXIe siècle fleure bon les vieilles lunes du XIXe.

Après la révélation de l’accord pour un « nouveau Front populaire », Bruno Le Maire s’était exclamé : « C’est 1981 puissance 10 » (Franceinfo, 14 juin 2024). L’expression peut être reprise aujourd’hui à la lecture du volumineux « Projet du Parti socialiste » qui a été présenté à son bureau national le 21 avril et à la presse le lendemain, mais dont la substantifique moelle avait été déjà dévoilée par certains journaux (L’Opinion, 14 avril 2026).

Nous ne sommes en rien surpris par les 144 pages de ce projet et ce, pour deux raisons. D’abord, parce que nous avions déjà lu, et commenté (voir notre article du 19 mai 2025), les six contributions au dernier congrès du PS, soit 100 pages serrées, qui toutes naviguaient entre la gauche de la gauche et l’extrême gauche. Ensuite parce que le nouveau projet a été rédigé sous l’égide d’une proche du secrétaire national Olivier Faure, Chloé Ridel, énarque (promotion George Orwell, ça ne s’invente pas !), députée européenne et ancienne mélenchoniste décomplexée.

Des propositions aberrantes et non financées

Le projet compte plusieurs centaines de propositions. Il est difficile de faire son choix tant les aberrations pullulent, mais en voici un florilège :

  • smic net mensuel à 1.690 euros,
  • écart de salaires dans les entreprises limité de 1 à 20,
  • impôt sur les grandes successions,
  • planifications tous azimuts, notamment écologique,
  • prises de participation de l’État et nationalisations dans certains secteurs qualifiés de clefs,
  • lutte contre le « patriarcat ».

Si les propositions s’accumulent, elles sont en revanche d’une discrétion exemplaire sur leur financement. Un point de détail pour un socialiste ! Là encore, nous n’en sommes pas surpris. D’ailleurs les six contributions au dernier congrès socialiste ne comportaient aucune (oui, vous lisez bien : aucune !) source de réduction des dépenses publiques. Et d’une manière générale, le socialisme s’analyse comme une course de dépenses pour répondre aux besoins, jamais satisfaits, des citoyens.

Seul ennemi : le capitalisme. Un point, c’est tout

Nous souhaiterions ici scruter la philosophie du projet telle que l’énonce sans fard dans son introduction : l’objectif est celui de « vivre libres » au XXIe siècle et le moyen ne peut être que celui d’un « nouveau socialisme ».

L‘analyse part d’une critique unilatérale du monde qui nous entoure. Rien ne trouve grâce aux yeux de nos socialistes, ni dans le monde, ni dans notre pays. L’explication est unidimensionnelle : tout est de la faute du capitalisme qui, du fait de sa crise, est entré dans un nouvel âge, au moins aussi détestable, pour ne pas dire pire, que le précédent, avec, insiste le texte,  des conséquences délétères pour l’écologie. En effet, au « capitalisme néolibéral », dont les promesses de doux commerce, de mondialisation et de libre-échange n’ont pas été tenues, a succédé un « capitalisme autoritaire » ou « illibéral », une prédation exercée par les Etats-Unis, la Chine et la Russie (sans que le projet fasse la moindre différence entre les « grandes puissances de ce monde »). Les passages répétés sur « l’oligarchie financière » fleurent bon le complotisme et la démagogie.

Il faut « vivre libres », c’est une obligation !

Vient ensuite le moment essentiel de la nouvelle philosophie socialiste… qui ressemble furieusement aux canons marxistes de l’ancienne ! Qu’est-ce que « vivre libres » ? c’est « pouvoir choisir son destin », tant individuellement que collectivement (car chez les socialistes le collectif n’est jamais très loin). Sans le dire, le projet entérine la vieille opposition entre les libertés formelles et les libertés réelles. Sur fond de misérabilisme, il s’alarme de ce que nous ne soyons « pas tous égaux face à la liberté », alors que celle-ci est un « bien commun », à construire autour des valeurs de fraternité et de solidarité. Le terme « construire » est opportunément utilisé : toujours dans l’optique marxiste, la liberté, loin d’être naturelle, est le fruit d’un combat. Chloé Ridel l’a confirmé dans un entretien (Libération, 22 avril 2026) : la liberté est une… « question sociale », car tout est social pour nos socialistes.

Par opposition, aux yeux, selon le programme, des « droites libertariennes », « la liberté est l’absence de règles communes, le règne du tout-marché, partisans (sic) du laisser-faire (sic) généralisé qui n’est rien d’autre que la loi du plus fort ». Nos lecteurs auront relevé la colossale finesse de l’argumentation.

En substance, les socialistes subvertissent la notion de liberté. C’est une inversion des valeurs, que George Orwell avait brillamment relevée en son temps. Lorsque les socialistes parlent de liberté, il faut lire : contraintes supplémentaires et État omniprésent.

Le rejet de la « social-démocratie »

Le projet insiste lourdement sur la dimension européenne. C’est tout à la fois un moyen de se distinguer des LFIstes et paradoxalement un moyen de préparer, au-delà des postures sur la mise à l’écart de Jean-Luc Mélenchon, « la coalition des forces acquises aux valeurs universelles, à la paix, la démocratie, la justice sociale et écologique ». Une coalition qui « reste cependant à construire », reconnait le texte, compte tenu des divisions internes sur l’alliance avec LFI, mais c’est une première pierre dans le jardin de François Hollande et consorts.

La France doit redevenir socialiste et l’Europe avec elle. Une Europe débarrassée de ses « fondations libérales », des « dogmes du marché » et de sa « politique du libre-échange ». Puisque « l’Occident » n’existe plus, il faut « construire » – toujours le même constructivisme –  une « souveraineté européenne » et, en fait, exporter à Bruxelles le modèle social français.

Il s’ensuit – et c’est la seconde pierre dans le jardin « hollandais » – que « le temps de la social-démocratie doit être dépassé », puisque « le monde qui l’a vu naître n’existe plus ». L’argument historique apparaît spécieux. Pour mémoire, nous avons dit et redit à nos lecteurs que la social-démocratie française avait presque disparu, la plupart de ceux qui s’en réclament, Raphaël Glucksmann en tête, ayant eux aussi adopté un programme économique et social particulièrement radical qui aurait jadis fait frémir un tenant de la « gauche américaine », comme on appelait les rocardiens. Quoi qu’il en soit, le programme veut revenir à la « source » – radicale – de l’engagement socialiste : « la transformation du système économique et social, et l’expansion continue des libertés ». Nous ne sommes pas certain que cette expansion qualifie bien le programme socialiste de la seconde moitié du XIXe siècle… En revanche, la transformation du système économique renvoie bien à la destruction du capitalisme voulue par les fondateurs du socialisme. C’est un retour en arrière d’un siècle.

L’avant-dernier paragraphe de l’introduction confirme expressément que le « nouveau socialisme » reste un anti-individualisme obsessionnel, qui « valorise le collectif » et conçoit l’être humain comme un « être social », et un étatisme, la « puissance publique forte » devant s’opposer « à la toute-puissance du marché ». Les derniers mots caractérisent le « nouveau socialisme » par la formule : « liberté pour tous, par l’égalité et la fraternité ». Frédéric Bastiat aurait rétorqué que la seconde partie de la formule – l’égalitarisme et la fraternité légale – détruisait la première…

Une régression assurée pour notre pays

Le projet de « nouveau socialisme » singe celui des LFIstes, ce qui devrait favoriser en temps opportun les ralliements et les combats contre les « fascistes ». Les seules différences avec Jean-Luc Mélenchon proviennent, d’une part du rejet de l’antisémitisme, d’autre part de l’européisme, en plein accord avec les différents projets préparatoires au dernier congrès socialiste dont nous avons parlé en liminaire.

Si nous analysons le projet avec le programme commun de gouvernement et les 110 propositions du candidat Mitterrand, c’est effectivement « 1981 puissance 10 ». Le « nouveau socialisme » n’est jamais que l’ancien socialisme en pire, car il est repeint aux couleurs de l’écologisme politique le plus anticapitaliste et du féminisme le plus extrémiste.

Si ce programme était appliqué (mais, entre nous, les socialistes y croient-ils vraiment, à part leurs militants de base ?), il ferait régresser notre pays de plusieurs décennies. C’est déjà ce que Frédéric Bastiat dénonçait dans les années 1840 et Yves Guyot dans les années 1880-1900. Oui, décidément, les socialistes n’ont rien appris.

L’article Le « Projet du Parti socialiste » : toujours moins de liberté, toujours plus d’Etat est apparu en premier sur Contrepoints.




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