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Ноябрь
2016

Réouverture du Bataclan: "Ce n'est pas une nouvelle ère, c'est la vie qui continue"

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Fermées depuis l'attentat du 13 novembre 2015, les portes du Bataclan se sont enfin rouvertes samedi soir : "Ce n'est pas une nouvelle ère, c'est la vie qui continue", lance une spectatrice, avant d'entrer dans la salle parisienne qui affiche complet pour applaudir Sting.

"Je pense que je vais être émue ce soir. C'est bien que le Bataclan soit refait à l'identique, il n'y a pas de raison que ça change", poursuit cette spectatrice âgée de 48 ans, Claire Veyssière, une Parisienne amatrice de petites salles, arrivée plus de deux heures en avance.

"On est venus pour la symbolique, pour Sting, pour l'hommage à la vie parce qu'on est Parisiens et pour l'hommage à toutes les victimes", explique-t-elle.

Sting, "c'est un chanteur engagé, on serait peut être venus si ça avait été quelqu'un d'autre mais le fait que ce soit lui, c'est un plus", confie l'ami avec qui elle est venue, Marc Brevet, 54 ans, alors que Sting est déjà à l'intérieur pour préparer ce concert à part.

Pour Aurélien, survivant de l'attaque qui avait fait 90 morts pendant le concert des Eagles of Death Metal le 13 novembre 2015, l'émotion est particulièrement vive avant de retrouver la salle.

"C'est la première fois que je vais dans un lieu public depuis un an. Je ne suis pas allé au cinéma, à un concert, je me faisais livrer mes courses , je suis tout le temps resté chez moi...", raconte ce trentenaire, qui ne souhaite pas communiquer son nom de famille.

"C'est ce soir que je reprends ma vie comme elle était avant. C'est un devoir, c'est une obligation d'être là car il y a 90 personnes qui ne peuvent plus venir", ajoute-t-il, ému, la main tremblante.

Devant la salle de concert, bouquets de fleurs, bougies et messages rendent hommage aux victimes des trois jihadistes qui avaient fait irruption dans le Bataclan un an auparavant. Plusieurs spectateurs sont venus avec des roses.

- 'Pas complètement sereines' -

"On n'est pas complètement sereines", confie Josée Nuyet, 50 ans, venue avec une amie pour voir le chanteur mais aussi pour se rappeler ce qui s'est passé. "Pour les victimes, ce sera plus difficile que pour nous..."

"Je pense que l'atmosphère va être particulière. Sting, c'est une belle personne. Relever ce défi-là, c'est un beau geste quand même", ajoute-t-elle, redoutant elle aussi le moment où elle va découvrir cette salle.

Appréhension partagée par d'autres spectateurs: "J'ai appris qu'il y avait un concert de Sting à Paris, je suis une fan de longue date. J'ai commencé à regarder le site de vente et je me suis rendue compte qu'à ce moment-là que c'était au Bataclan", raconte Mylena, une Danoise venue à Paris pour l'occasion.

"Tout est remonté très très vite, très très fort dans ma tête. Et me voilà ici ce soir, c'est un moment très émouvant. Je me rappelle il y a un an avoir vu tout ça à la télé et à présent je vois les fleurs, le monde, ça me donne les larmes aux yeux", confie, en anglais, cette quadragénaire.

Un peu à l'écart de la foule, Gérard, 51 ans, (qui ne souhaite pas communiquer son nom de famille), aurait voulu aussi pouvoir applaudir Sting. Présent dans la salle le 13 novembre 2015 pour les Eagles of Death Metal, il regrette un peu de ne pas avoir eu d'invitation, au contraire de quelque 300 victimes et familles de victimes conviées à la réouverture.

Mais dimanche, il sera là pour poser la plaque commémorative sur la façade de la salle de concert.




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