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Декабрь
2015

Elections régionales: un pavé dans la mare

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C'est un fait incontestable, l'inéluctable progression du Front National est en train de changer la donne au sein du paysage politique.

Le virage sécuritaire du gouvernement aussi brutal qu'excessif n'y change rien, pas plus qu'une opposition prise en étau entre une gauche qui n'hésite plus à puiser dans le fond de commerce nationaliste de la droite et une extrême-droite qui la précède constamment sur ce terrain. Ce ne sont d'ailleurs pas les déclarations populistes low-cost du leader des Républicains qui risquent de renverser la vapeur.

La société civile semble elle aussi impuissante. La condamnation du programme économique du FN par Pierre Gattaz n'a pas empêché le président du groupe Michelin de déjeuner avec Christophe Boudot, tête de liste FN en Auvergne - Rhône-Alpes.

Même le plus important journal local du Nord s'est cru obligé de donner de la voix en s'interrogeant ouvertement sur les conséquences d'une victoire frontiste. La réponse de Marine Le Pen ne s'est pas fait attendre, promettant sine die la suppression des subventions à ce grand quotidien régional.

Il semble d'ailleurs que les subventions constituent une arme privilégiée au yeux des élus d'extrême droite déjà en place.

Au-delà des cibles traditionnelles que sont la Ligue des Droits de l'Homme ou les associations d'insertion et d'entraide situées dans les quartiers sensibles, les maires FN ne semblent plus connaître de limites.

C'est ainsi que le modeste club de football de Beaucaire à vu sa subvention diminuée de moitié. Bien entendu, cela n'a aucun rapport avec les fait les 384 licenciés de ce club sont en majorité des personnes d'origine maghrébine. Mieux encore, la ville du Pontet a décidé de ne plus s'engager auprès du Téléthon, oeuvre subversive si il en est, soit disant pour des raisons budgétaires. Quoi de plus normal de la part d'un maire qui a voulu faire voter une hausse de 44 % de ses indemnités.

L'utilisation des subventions publiques ayant toujours constitué un marqueur majeur de la politique locale il est inutile de préciser qu'avec les élus frontistes, les associations LGBT ne seront pas à la fête.

La couleur a d'ailleurs été annoncée par Marion-Marechal le Pen qui a déclaré vouloir, en cas de victoire aux élections, supprimer les subventions à ces associations. D'ailleurs, pourquoi s'arrêter en si bon chemin puisqu'elle a cru bon d'ajouter que le Planning Familial constituera également une cible de choix.

Rien de bien étonnant à cette attaque en règle au droit des femmes, son parti s'étant toujours opposé au Parlement Européen à tous les textes visant à promouvoir l'égalité des sexes. Un de ses députés, Aymeric Chauprade, bien connu pour son implication dans l'affaire "d'Air cocaïne", n'a d'ailleurs pas hésité à qualifier l'IVG "d'arme de destruction massive".

Certains verront également dans cette déclaration de guerre au Planning Familial la main d'associations catholiques ultra-conservatrices comme le "Salon beige", "Civitas", ou même "'Alliance Vita" dont la dérive intégriste au sein d'un lycée parisien a provoqué l'intervention du diocèse.

Apparemment, ce gage donné à la droite de la droite de la Manif pour Tous n'a pas été du goût de la présidente du FN ni de certains cadres du parti qui ont sèchement recadré la jeune candidate en rappelant que cette question "n'était pas au programme".

Il y longtemps que Marine le Pen a compris qu'un bulletin de vote n'a pas de sexe et ce n'est pas pour rien si elle-même, Florian Philippot, ou Steeve Briois, ont joué les arlésiennes lors des grands rassemblements de la Manif pour Tous.

Il semble d'ailleurs que la présidente frontiste prend un certain plaisir à ce jeu de cache-cache puisque les militants de ce mouvement l'attendent toujours à leur réunion lilloise qui a eu lieu début novembre...

Il faut dire qu'il est bien loin le temps de la pensée rétrograde et monolithique du "Menhir" qui qualifiait dans les années 80 l'homosexualité "d'anomalie biologique et sociale".

Si il faut reconnaître une qualité à Marine le Pen, c'est d'avoir eu l'intelligence de comprendre que la donne avait changée, et, qu'elle n'accéderait au pouvoir qu'avec au moins une partie du vote gay, quitte à sacrifier pour cela les plus ultra de son parti.

C'est ainsi qu'elle a réussi à faire de la crise du pouvoir au FN un véritable parricide en éliminant les proches de son père de la direction du parti.

Pour prendre le pouvoir dans une démocratie, il faut, à défaut d'être un parti respectable, en avoir au moins l'apparence. C'est pour cela que les militants racistes, antisémites, ou homophobes, ont été priés de se taire ou bien d'aller voir ailleurs.

Ce grand ménage s'est, en autre, traduit par l'exclusion de 16 candidats aux élections cantonales, ainsi que par celle du conseiller municipal manceau Louis Noguès qui avait publiquement assimilé le mouvement LGBT à de la zoophilie.

Passer la serpillière c'est bien, mais, repeindre les murs, c'est mieux.

La présence d'homosexuels au sein du FN n'est pas une nouveauté, mais, la discrétion n'est plus de mise comme l'a montré la publicité faite autour du transfuge de Gaylib, Sébastien Chenu.

Si les homosexuels peuvent enfin donner dans le nationalisme décomplexé c'est que pour eux aussi la donne a changé.

Les gays savent parfaitement que la proposition de la présidente du FN de revenir sur le mariage pour tous n'est jamais qu'une attitude de façade, destinée à satisfaire la partie la plus réactionnaire de son électorat. Elle ne verra jamais le jour à moins que la vague bleu marine ne se transforme en tsunami autorisant ainsi une reforme de la constitution.

Même si les personnes LGBT ont plus souvent voté à gauche, l'idée d'un choix uniquement motivé par des intérêts communautaristes est devenu une illusion.

Si en 2012, il n'est pas contestable que l'enjeu du mariage pour tous ai fortement pesé dans le débat, déjà, à l'époque, la tentation de l'extrême droite était aussi forte dans les rangs des personnes affirmant une part d'homosexualité que dans la moyenne nationale si l'on en croit un sondage de l'IFOP réalisé au début de la campagne.

J'avais en janvier 2012, pour ma modeste part, déjà exprimé mes craintes à ce sujet dans les colonnes du journal "l'Indépendant" en évoquant une possible montée de ce que j'avais qualifié "d'homonationalisme".

La loi sur le mariage une fois votée, que restait-il a espérer des promesses que la démonstration de force de la Manif pour Tous avait rendu illusoires ?

Hormis les petits bricolages législatifs de madame Taubira concernant les enfants nés par GPA à l'étranger, tous les engagements de campagne sont devenus caducs. Qui pourrait encore croire à une loi sur la PMA d'ici 2017 ? J'éviterai d'évoquer ici le sort des personnes transsexuelles, il est des mépris qui ne valent que le prix de leur silence...

Dès lors, une fois la poussière des engagements de campagne soigneusement cachée sous le tapis de la lâcheté, les préoccupations des uns sont devenues celle de Monsieur tout le monde. Crainte du chômage, de l'Europe, de la monté de communautarismes issus de cultures où l'homosexualité est considérée comme un crime et peur d'un monde qui change sans nous demander notre avis.
Devant l'impuissance des politiques comme s'étonner que les gays n'ait pas eux aussi rejoint la cohorte de ceux qui, cédant à la tentation de la peur et du repli sur soi, ont choisi de tomber dans les bras d'un parti dont le seul programme est d'apporter des solutions illusoires à des problèmes bien réels?

Choisir l'illusion, c'est céder à la facilité et la facilité se paie toujours au prix fort, tôt ou tard.
Aujourd'hui, c'est plusieurs régions qui peuvent tomber aux main du FN.

Et demain?

Demain, ce pourrait être la présidence avec pour conséquence une démocratie en péril. Même paré des couleurs républicaines, le Front National reste un parti d'extrême-droite, chose que certains de nos concitoyens ont quelque peu tendance à oublier en jetant leur bulletin dans l'urne comme on jette un pavé dans la mare d'une classe politique qui les a tant déçus.

Mais, aussi légitime qu'il puisse paraître, le rejet de ces politiques ne doit pas nous faire oublier, qu'utilisé comme une arme, un bulletin de vote peut se retourner contre son électeur et que le pavé peut très bien lui revenir en pleine figure. Quelque soit notre couleur de peau, notre religion, ou notre orientation sexuelle, nous sommes tous des citoyens dont le devoir est de préserver notre démocratie. Aussi devrions-nous simplement tourner notre regard du coté de l'extrême droite hongroise. Cela nous donnerait un avant goût de ce qui nous attend à travers certaines images qui ne sont pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre histoire...



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