Les écoles de musique de Guéret voudraient retrouver le bon tempo
Demandez au directeur du Conservatoire départemental Émile-Goué s’il apprécie la période de prérentrée, début septembre. « C’est pire que tout », soupire Bruno Adam, au poste depuis presque dix ans à la tête de l’institution. Des horaires infernaux pour le personnel administratif - dont les effectifs ont été diminués ces dernières années - afin de traiter toutes les demandes d’inscriptions, fixer des horaires individuels, et mettre tout cela en musique. Cette charge de travail devrait être un bon signe, ce qu’infirme le directeur du Conservatoire départemental.
Les chiffres ne sont pas bons. On maintient certes nos effectifs. Mais nous avons 750 élèves alors qu’on devrait en être à 1.000.
Bruno Adam justifie le pessimisme de son constat par le fait que le Conservatoire a perdu un certain nombre d’élèves en route, seulement compensés par les ouvertures de classes d’éducation artistique et culturelle (EAC) dans les écoles ou les collèges.
Le contrecoup de la crise sanitaireJulien Roy, professeur de piano et de saxophone et directeur de l’école de musique Guéret Variétés, se résigne au même constat : « En 2020, on était à 220 adhérents et l’année dernière, on est redescendu à 200. Et là, on va à peine réussir à atteindre les 200, il y a une érosion assez notoire de notre public ».
Les nouveautés de la rentrée 2020 à Guéret Variétés
Même son de cloche ailleurs, à P’art si P’art là : « L’année dernière on a perdu 20 % d’adhérents. Là pour l’instant, grosso modo, on les garde. On ne va pas récupérer les effectifs de la rentrée de 2019 », affirme Sandrine Pelletier, la coordinatrice de l’école de musique.
Tous sont également unanimes sur les raisons de ces mauvais chiffres.
Ce qui nous pose vraiment problème, c’est la léthargie incroyable qui s’est installée avec le distanciel. On a perdu l’émulation qui se crée avec les spectacles. C’est ce qu’il y a de plus pénalisant, même si cela ne se voit pas directement
Et même si « les professeurs ont sérieusement limité la casse avec les cours en visio », Guéret Variétés n’a pu empêcher de voir « des élèves qui étaient là depuis trois ans partir », ce qui est « rageant, car indépendant de notre volonté ».
Le besoin de jouer en publicPour Sandrine Pelletier, cela ne fait aucun doute : « Le meilleur moyen de donner envie de faire de la musique, c’est le jeu en public ». Ainsi P’Art si P’Art là a abordé la rentrée tambour battant avec un concert de violon le week-end dernier dans le jardin en contrebas du marché de La Souterraine, faisant suite à un stage de prérentrée pour « remettre les musiciens en jambe ».
Le Conservatoire Émile-Goué pourra compter sur la sélection de la classe orchestre du collège Octave-Gachon de Parsac pour un concert à l’Olympia le 15 octobre pour promouvoir sa vision de la musique : « l’art du partage par excellence ».
Le frein du pass sanitaireBien que la reprise des concerts en public soit la meilleure nouvelle possible pour les écoles de musique, le pass sanitaire constitue un dernier obstacle. Même s’il n’est pas exigé pour les cours de musique, aussi bien côté élève que professeur, il est obligatoire pour tout ce qui est événement en public.
« On va devoir certainement annuler des concerts », redoute Bruno Adam, évoquant certains professeurs encore non vaccinés. À cela s’ajoute la problématique des parents d’élèves, qui doivent, eux, présenter un pass pour pénétrer dans les établissements. Par manque de personnel pour contrôler, le Conservatoire a décidé de ne pas accepter de public dans son enceinte. L’essentiel est ailleurs : « On veut que la musique redémarre ».
Des nouveautés
Guéret Variétés. Nouvelle activité : percussion digitale (principalement djembé). Nouveau professeur de batterie : Thierry Tardieu. P’Art si P’Art là. Cours de batterie à La Souterraine, cours de « p‘tites percus » (pour les 5-6 ans) à Ajain. Arrêt du chant prénatal. Conservatoire départemental Émile-Goué. Nouvelle Cham supplémentaire de musiques traditionnelles à l’école primaire de Crocq, chorale ados (8-12 ans) à Guéret tous les mardis de 18 heures à 19?h?30.
Tom Jakubowicz